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OPINION : Kharabistouilles et histoire sans parole

20/04/2017 22:50Lu 1302 foisImprimer l’article
La parole de M. Kharaba est une parole qui compte et surtout une parole sur laquelle on peut compter.

La preuve : cet ex-secrétaire de la section socialiste du Creusot s'était engagé comme tous ses camarades à soutenir le vainqueur des primaires de la "Belle Alliance" (défense de rire !) ... Il nous invite aujourd'hui, dans les colonnes de " Creusot-infos" à apporter nos suffrages à l'ancien ministre de l'économie de M. Hollande.
C'est donc d'un derrière attentif et pas du tout distrait que nous devons prendre connaissance de l'expression écrite de sa lumineuse pensée.
Mais quand il nous explique qu'il y a trois bonnes raisons de voter Macron, l'honnêteté nous oblige à dire qu'il pèche par un terrible excès de modestie.
Car Emmanuel est non seulement jeune, brillant et intègre mais, dans ses moments de grâce intellectuelle, de grande forme physique et d'élan de bravitude, il marche sur l'eau, change le plomb en or, guérit les écrouelles par simple apposition des mains et fait tomber en pâmoison toutes les pensionnaires des maisons de retraite par sa simple apparition sur les écrans de télé ! Il serait bon, chers compatriotes, que vous le sussiez.
La première raison qui justifie le vote de notre politologue fûté tient en ceci : Macron veut que l'industrie occupe une place très importante. Génial. Que ceux qui souhaitent que l'industrie occupe une place réduite à la portion congrue lèvent la main !
En réalité par industrie M. Kharaba entend seulement industrie nucléaire dont il souhaite, par clientélisme local, la pérennisation et décrète comme nul et non avenu tout autre type de production d'énergie. Et se refuse obstinément à envisager toute conversion des emplois en ce sens.
On se disait pourtant que l'éolien était promis à bel avenir avec un brasseur de vent du calibre du sémillant jeune homme qui lui sert de mentor !
Il ne restera donc plus à son messianique gourou qu'à régler les problèmes récurrents (et si peu coûteux...) de la technologie EPR, à résoudre pour un avenir enchanteur, les minuscules difficultés de confinement d'un plasma de deutérium et de tritium porté à 150 millions de degrés Celsius dans le programme ITER de fusion thermonucléaire lancé à Cadarache, et à solutionner le problème du stockage des déchets radioactifs, sans même parler de l'approvisionnement en uranium ! Mais le génie n'est-il pas fait pour ça ? 
La deuxième raison invoquée concerne l'Europe. On se rappelle ce que disait déjà De Gaulle en son temps : « Il ne suffit pas de sauter sur sa chaise comme un cabri en criant (on veut) l'Europe, (on veut) l'Europe ».
Avec M. Kharaba, l'Europe est appréhendée selon sa seule dimension multi-ethnique. Or, l'aspect identitaire n'est pas un problème rédhibitoire, excepté pour Mme Le Pen ; ce qui fait problème, c'est le mode de fonctionnement économique et politique de cette Europe-là. C'est la concurrence déloyale liée à l'absence d'harmonisation sociale et fiscale, c'est l'austérité imposée à tous, pour servir (par la rente) les seuls intérêts des retraités allemands, dans un pays qui vieillit et qui dispose d'un système de retraites par capitalisation.
L'impérieuse nécessité de réorienter la politique économique européenne suppose la renégociation des traités qui la soutendent, et cette  renégociation elle-même exige la construction d'un rapport de forces "relance versus austérité" utilisant la force de dissuasion découlant de l'existence d'un plan B crédible. En espérant, comme pour la force de dissuasion militaire ne pas avoir à s'en servir.
Enfin, on a droit, comme troisième argument, à un discours pseudo philosophique sur la valeur travail. Notre éminent penseur se gargarise du fait que son champion n'a pas effectué (toute) sa carrière dans la politique. Certes, les professionnels de la politique ne sont pas des gens ordinaires, mais on ne leur reproche pas de ne pas "travailler". Si on met de côté quelques sénateurs séniles, on peut même dire que la plupart de nos élus s'agitent beaucoup – avec quelle efficacité ? c'est une autre affaire ! - mais si l'on devait s'interroger sur l'utilité sociale de chaque activité, il nous faudrait plus que ces quelques lignes.
Non, le principal reproche qui est fait à nos grands élus est d'être déconnectés de la réalité vécue par les gens ordinaires, notamment au travers de leur activité professionnelle ou de leur recherche d'emploi.
Qu'est-ce que le "travail" (de tripalium = instrument de torture) d'un fondé de pouvoirs de la banque Rotschild a de commun avec le travail ordinaire d'un Philippe Poutou par exemple? Est-il insuffisamment rémunéré ? Est-il physiquement pénible ? Plonge-t-il son titulaire dans une profonde aliénation liée à son côté répétitif, à ses cadences infernales et à sa perte de sens ? Ce travail le soumet-il au harcèlement tatillon des petits chefs ?
Comparer un inspecteur des finances au  vulgum pécus, il faut oser ! Et pourquoi pas  mettre la banque Rotschild au rang du bagne de Cayenne (vous savez, sur "l'île" de la Guyane bien connue...de Macron) !
Par pure charité agnostique nous n'entrerons pas dans le jeu de ".ons" qui s'est emparé de ces colonnes et dont Eléonore Dussud - qui paraît plutôt à l'ouest - nous livre la dernière version. Choisir "le sceptre d'Ottokar" comme phare de la pensée politique, c'est vraiment placer la barre trop haut pour nous.
Que la candidature du camarade Benoît se trouve réduite à une candidature de témoignage ne peut que nous attrister, mais elle n'est pas le fait des « Insoumis » et de ceux qui ont depuis longtemps quitté un PS en déshérence pour la cohérence du programme de Jean-Luc Mélenchon.
Et si l'on devait choisir une candidature de témoignage, celle de Poutou nous paraîtrait bien plus marrante et inventive.
Mais puisque la Gauche peut gagner avec JLM, il serait criminel de s'en priver...
Justin Grindsel