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OPINION : Des gages pour les Verts

19/05/2017 07:15Lu 320 foisImprimer l’article
Des gages pour les Verts : Duflot ne pourra plus dire  « il manque Hulot parmi les braves ».
La fièvre jeune semble quelque peu s'étioler. Ouf. On a risqué l'apoplexie avec tous ces commentaires extatiques sur la jeunesse du président et gna gna gna.

En revanche on a bel et bien atteint le niveau zéro de la politique avec cette rengaine.
Faut-il rappeler que le temps ne fait rien à l'affaire comme le chantait Brassens avec talent ? Faut-il rappeler que le même engouement médiatique avait accompagné l'arrivée au pouvoir de Blair et de Zapatero, à peine plus âgés que notre Chérubin ? Or il ne semble pas que ces deux derniers aient laissé des regrets éternels à leurs compatriotes...
A la vérité, l'arrivée au gouvernement des très juvéniles marcheurs, symboles du renouveau que sont Collomb, Le Drian, Bayrou, Mézard ou de Sarnez, a, mieux que de longs discours, douché  bien des enthousiasmes.
Le dithyrambe n'est pas éteint pour autant. Les groupies ont trouvé un autre totem pour leur assouvir leur besoin de vénération : l'érection de la société civile avec la présence d'une dizaine de novices en politique au sein du gouvernement.
Pareil stock à novices, c'est pour développer le travail des dits manches ? [ Lafargue revient, Stakhanov est de retour !]
On a connu ce genre de situation naguère, quoique dans une moindre mesure et on ne peut pas dire que l'aventure se soit soldée par un franc succès.
Cette affaire-là renvoie à la thématique des compétences, au cœur de la litanie de nos intrépides marcheurs, à l'instar de M. Kharaba qui s'exprime en ces termes dans les colonnes de Creusot-infos : « les Françaises et les Français souhaitent que ce soit des personnalités compétentes qui gouvernent notre pays, au-delà des clivages politiques traditionnels qui ont montréS (sic) leurs limites depuis des années. »
Certes, trouver Laura Flessel à la tête du ministère des sports, Mmes Buzyn et Pénicaud respectivement à la santé et au travail peut sembler relever de la logique la plus implacable et on leur fera a priori crédit d'une compétence utilisée dans leur secteur de prédilection. En revanche, les compétences de Mme Goulard en matière militaire ne sautent pas franchement aux yeux.
Et pourquoi se gargariser de l'investiture par les dirigeants macronistes de Cédric Villani aux législatives ? On s'incline respectueusement devant le génial mathématicien, mais en quoi la géométrie riemanienne le qualifie-t-elle davantage que l'ouvrier Lambda pour représenter l'intérêt général de nos concitoyens ? Même s'il est vrai qu'elle ne le qualifie pas moins.
Nous ferons acte de contrition et irons à con-fesse s'il aide à la résolution de l'équation économique (qui n'est pas de Boltzmann) suivante : comment obtenir une redistribution des richesses en faveur des plus modestes lorsque la croissance du produit global stagne aux alentours de 1%, que la population en âge de travailler augmente, de même que la  la part des vieilles personnes et que le capital, libre de se déplacer, exige un ROE (retour sur investissement) de 15 % ? Cela pourrait peut-être intéresser Bercy.
Cédric Villani se fait photographier tenant un marcassin dans ses bras. Le savant en est d'autant plus sympathique mais en même temps, (comme qui dirait), l'investiture accordée à la célèbre torera Marie Sara fera vomir tous les amis des animaux.
Les gogos s'esbaudissent devant le prétendu équilibre du gouvernement. C'est de la poudre de perlimpimpin pourrait encore dire son promoteur ! Avec Philippe pour  rendre les arbitrages, Le Maire et Darmanin à Bercy, le gouvernement affiche clairement son orientation économique de droite. Qui est aussi celle du banquier Macron, favorable à l'allègement de l'ISF et à la hausse de la CSG. La réaction de Gattaz et des marchés financiers ne saurait tromper.
Les « clivages politiques traditionnels » qui, selon M. Kharaba «auraient montré leurs limites » ne passent ni entre Macron et Philippe, ni entre Valls et Le Maire. Macron,  Valls et Hollande n'ont jamais été de gauche. Macron en a d'ailleurs fait l'aveu. Par delà ce constat d'évidence, il est permis de s'interroger sur la trajectoire politique de la quasi-totalité des ex rocardiens, tenants de la 2ième gauche : toujours plus à droite. Jusqu'où ira donc la dérive de ces incontinents ?
Le clivage gauche-droite est totalement pertinent mais il sépare la « France insoumise » et ses éventuels alliés d'un côté, des macrono-fillonistes de l'autre, sans parler naturellement de l'extrême droite nationaliste. La logique économique keynésienne opposée à la logique walrasienne.
La seule surprise et le seul « bon coup » de Macron avec la constitution de ce gouvernement, c'est la présence de N.Hulot. On lui souhaite de réussir dans son vaste ministère, mais le pronostic est plus que réservé. Macron a clairement expliqué qu'avec lui, la marche, c'est au pas ! Mais notre local génie de la dialectique va sans aucun doute nous expliquer que le clivage entre le productivisme et la préservation de la planète, c'est dépassé ! Ah oui ? Par la méditation transcendantale peut-être ?
Pour le successeur de Ségolène, on espère au moins que les couleuvres seront bio.
En tout cas, monsieur Hulot ne sera pas en vacances dans les prochains mois...
Justin Grindsel