lundi 23 septembre 2019
Édito
Les résultats des élections européennes ont confirmé qu’il convient de se méfier de plus en plus des sondages. Jean-Luc et Laurent faisaient la gueule dimanche soir, mais ils n’étaient pas les seuls.
Questions à...
Dans une longue interview, le Président de la Chambre d'Agriculture de Saône-et-Loire parle sans langue de bois. Il dresse des constats, accuse, parle de l’avenir et de la question de l’eau.
Il dénonce la main des Etats-Unis derrière des associations agissantes.
«On a des agriculteurs sur les rotules et petit à petit ils se désespèrent»
«Désolé, mais un steak végétal, ce n’est pas une entrecôte»
«On met de l’eau potable dans les toilettes et on n’est pas capable de répondre à l’abreuvement de nos animaux»
Le lundi 9 septembre 2019 restera dans l’histoire pour l’Hôtel-Dieu du Creusot, avec la première intervention chirurgicale réalisée avec le robot chirurgical, le 1er de Saône-et-Loire.
Le Docteur Jean-Philibert Combier a réagi dans une interview exclusive à creusot-infos.
«Le robot ne remplace pas le chirurgien. Il exécute ses gestes. C’est un progrès considérable»
«C’est capital pour recruter de jeunes médecins»
«Le Maire du Creusot a eu une vision d’avenir et de progrès sur ce dossier stratégique»
Vice-président du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, en charge des lycées et de l’apprentissage, Stéphane Guiguet détaille l’implication de la Région en matière d’investissements, mais aussi pour «le pouvoir d’achat des lycéens et de leurs familles».
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JÉRÔME DURAIN : «Pourquoi je m’opposerai au CETA»

26/07/2019 18:07Lu 898 foisImprimer l’article
Le sénateur de Saône-et-Loire estime que «loin d’être anecdotique, le CETA engendrera des conséquences majeures que nous ne pouvons occulter aussi bien sur le plan environnemental, sanitaire qu’économique».
Communiqué de Jérôme Durain, sénateur de Saône-et-Loire :

Mardi 23 juillet, l’Assemblée Nationale a approuvé le projet de loi portant ratification du CETA, cet accord économique et commercial entre l’Union Européenne, ses Etats-membres et le Canada, malgré un large front d’oppositions. La bataille n’est pas pour autant perdue puisque le texte doit être examiné par le Sénat d’ici à la fin de l’année.

Loin d’être anecdotique, le CETA engendrera des conséquences majeures que nous ne pouvons occulter aussi bien sur le plan environnemental, sanitaire qu’économique. Surtout, il apparaît inadapté aux enjeux de notre époque.

« Climaticide ». Voilà comment la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme a qualifié ce traité de libre-échange. Alors que les experts s’inquiètent de la hausse des émissions de gaz à effet de serre générées par les flux internationaux, la majorité LREM vient d’adopter un accord commercial dont la nature profonde est d’augmenter les échanges de marchandises en faisant tomber les barrières douanières. Je cherche encore la cohérence de ceux qui prétendent mener la lutte contre le réchauffement climatique et qui, en même temps, votent en faveur du CETA.

L’aspect sanitaire est tout aussi inquiétant. Bien que le gouvernement nous ait assuré du contraire, les éleveurs canadiens pourront nourrir leurs bœufs avec des farines animales produites à partir de sang, de poils et de gras de leurs congénères sans que le consommateur en soit informé. De la même façon, aucune règle n’interdit l’arrivée sur le sol européen de bovins canadiens dopés aux antibiotiques. Nos éleveurs n’évolueront donc pas à armes égales face à la concurrence étrangère. Devons-nous sacrifier nos filières agricoles pour quelques dixièmes de point de PIB ?

Comprenons-nous bien : rejeter le CETA ne revient pas à remettre en cause le commerce international. Le commerce a des effets positifs, notamment sur la croissance, il a permis de sortir de la pauvreté des centaines de millions de personnes mais ce modèle est aujourd’hui obsolète. Poussé à l’extrême il en devient absurde. Après le Canada, d’autres accords suivront avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay, Venezuela), avec le Vietnam, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, l’Australie. En d’autres termes, le CETA est le premier des dominos avant que le monde ne se transforme en une vaste zone de libre-échange où l’urgence des profits l’emporte sur l’urgence écologique.

En définitive, cet accord n’est ni durable ni viable. Il est même dangereux pour notre santé, notre économie et notre planète. J’appelle à poursuivre la mobilisation contre le CETA, les enjeux trop importants pour que nous baissions les bras !

Jérôme Durain
Sénateur de Saône-et-Loire
Conseiller régional de Bourgogne Franche Comté