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Ces «mauvaises» herbes… qui méritent pourtant d’être mieux connues !

27/04/2017 08:25Lu 5466 foisImprimer l’article
Aujourd’hui, deux mots sur la «Chélidoine»
Par Jean Beguinot, de la Société d'Histoire Naturelle du Creusot.
Beaucoup des herbes que nous qualifions aujourd’hui de "mauvaises" étaient pourtant jugées fort utiles, il y a seulement un petit siècle. Vieilles lunes que tout cela ? Nullement : la plupart des molécules aujourd’hui fabriquées par les labos pharmaceutiques ont été, à proprement parler, mises au point par des plantes sauvages, au fil de l’évolution naturelle. Ainsi, aujourd’hui encore nous devons énormément à bien des "mauvaises" herbes… au bénéfice de notre propre santé !
Pour vous informer et vous distraire un instant, nous vous proposerons donc, au fil des jours, une petite chronique sur bien des aspects utiles, curieux ou amusants, concernant diverses plantes sauvages qui méritent bien mieux que le dédain, voire la haine, que nous leur vouons parfois… et ce, bien injustement !

Aujourd’hui, deux mots sur la «Chélidoine» (Chelidonium  majus)

La «Chélidoine» (prononcer « Kélidoine »), dite encore Herbe aux verrues, Grande Eclaire, Herbe de l’Hirondelle, Herbe aux Boucs, est une jolie plante qui fleurit en abondance dès le premier printemps et se rencontre couramment sur les talus et terrains vagues, pourvu que la terre ne soit pas trop pauvre. Son élégant feuillage, d’un vert un peu bleuâtre, attire autant l’attention que ses fleurs délicates. La Chélidoine est, malgré les apparences, très voisine du Coqueliot, dont elle partage d’ailleurs les propriétés légèrement narcotiques.
La Chélidoine est surtout connue en pratique par le suc jaune orangé vif qui sourd à la cassure de la tige. Ce suc contient quantités d’alcaloïdes divers, à l’origine de sa toxicité et aussi de certaines de ses propriétés, en particulier, son action anti-spasmodique, voire anesthésiante, qui va un peu de pair avec son caractère narcotique.
Par ailleurs ce suc est très caustique d’où son utilisation traditionnelle pour « brûler » les verrues, avec plus ou moins de succès. Enfin la légende antique aurait voulu que les hirondelles employassent le suc de la Chélidoine pour rendre la vue à leurs petits (les pauvres l’auraient alors sûrement perdue à tout jamais…).
D’où les désignations les plus communes de la plante : hirondelle se dit en grec «chelidon» et la prétendue vertu de restaurer la vue est à l’origine du nom de «Grande Eclaire». Ceci étant, la chélidoine pourrait en effet être utilisée, sous étroit contrôle médical, pour certains traitements ophtalmiques. Il n’y a donc pas tout à fait que du faux dans la légende, comme il arrive parfois.