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Les messages pas si subliminaux que cela d’Arnaud Montebourg

18/05/2017 23:35Lu 6156 foisImprimer l’article
L'ancien Ministre, candidat malheureux à la primaire, est sorti de l'ombre. Il est venu apporter un soutien sans réserve à Philippe Baumel.
«On a besoin de Députés comme Philippe Baumel qui défendent l’autre France», a lancé l'ancien Ministre qui a aussi délivré quelques messages...
C’est donc à Allerey sur Saône qu’Arnaud Montebourg a effectué un premier retour sur la scène politique ce jeudi soir. Il l’a fait pour venir soutenir son ami le Député Philipe Baumel. Cela dans une commune qui est aujourd’hui dans la 3ème circonscription de Saône-et-Loire, celle qui va d’Issy l’Evêque à Verdun sur le Doubs en passant par Autun, Le Creusot et Chagny ; Une commune qui auparavant était dans la circonscription de Montebourg !
C’est donc en terrain conquis que l’ancien Ministre a effectué son retour.
Pour l’occasion, plus de 80 personnes étaient rassemblées à la salle des fêtes. Cela dans une commune qui avait placé Marine Le Pen, en tête, au 1er tour de la Présidentielle. Ce qui a fortement ému le conseiller général Jean-Paul Diconne qui ne manque pas de souligner que le taux de chômage dans le canton est plus faible qu’ailleurs, que la commune a gagné 200 habitants et que «l’école a bénéficié d’une subvention du député».
Violaine Gillet s’est attachée à démontrer combien le Député Philippe Baumel s’est investi pour les projets locaux. L’élue a aussi mis en-avant le professionnalisme du Député en l’opposant au «jeunisme» ambiant. «On ne peut pas s’inventer Député en trois semaines» a encore jugé l’élue.
Marie-Claude Barnay, la suppléante de Philippe Baumel, a elle défendu le maintien des services publics sur les territoires ruraux, au bénéfice des habitants. En plaidant aussi pour que les médecins, après leurs études, servent les tous les territoires, au nom de l’égalité. Elle a aussi souligné combien il est important de bien gérer la forêt dans le Morvan, en encadrant les coupes à blanc. Elle a aussi abordé d’autres thématiques de campagne.
Cela avant qu’Arnaud Montebourg prenne la parole pendant 16 minutes. Un discours pour soutenir Philippe Baumel, évidemment. Mais aussi avec quelques messages subliminaux ou pas.
L’un avec un tacle à Jean-Luc Mélenchon, l’autre non dissimulé à Emmanuel Macron et son désir de recomposition politique, en parlant des libéraux qui «maintenant sont de droite et de gauche».
Il a aussi parlé de la nécessaire défense de la France de la ruralité, en estimant que les Français ont pris dans la figure la facture de 20 années de politique. Celle France où il se plait, c’est celle où jeudi soir il se trouvait.

Arnaud Montebourg


«Je suis heureux d’apporter mon soutien à Philippe Baumel. C’est un ami de longue date, un homme que je connais. Son histoire, son parcours, ses convictions ont été d’une fiabilité à toute épreuve
Nous vivons une période de mélanges curieux. On mélange les fruits pour sortir une décoction. Il important de savoir qu’il y a des hommes de convictions. Moi j’ai été parachuté en Bresse mais en venant du Morvan. Je n’ai pas été parachuté à Marseille. J’ai pu venir en voiture.
Je veux faire aujourd’hui un éloge politique de l’homme Philippe Baumel, car il n’a jamais abandonné ses convictions. Sa trajectoire a toujours été rectiligne, avec conscience. Je veux le remercier devant vous d’avoir refusé de voter la déchéance de nationalité, d’avoir pris position contre la loi El Khomeri. Philippe Baumel a toujours été du bon côté.
Il a toujours été à mes côtés pour Alstom, pour AREVA, pour Dim qui a été conservé en France.
Il est l’homme du concret, des batailles, comme la RCEA, que l’on a gagnées. Oui on a gagné la bataille contre la privatisation. On nous disait, les libéraux de droite nous disaient que ce n’était pas possible. Aujourd’hui les libéraux sont de droite, de gauche, et sont ensembles.
Ne défendons pas les entreprises contre les honnêtes gens. Nous avons obtenu les crédits nécessaires, la RCEA est en travaux. Lorsque l’on veut on peut. Soit on laisse faire, soit on se bat pour faire.
Les libéraux c’est le laisser faire. La politique c’est prendre en main notre destin.
Dans cette élection présidentielle sont apparues deux France, celle des métropoles qui est heureuse. Et puis la France qui se sent délaissée. Cette France j’y suis né, j’en suis issu socialement, professionnellement, politiquement. Cette France il ne faut pas la laisser. Il ne faut pas laisser à l’extrême droite, car elle la transformera en parti raciste.
Cette France, il faut qu’elle soit représentée par des gens qui ont des convictions et veulent la défendre.
Notre pays est fracturé. 20.000 communes ont mis Madame Le Pen en tête. Les électeurs ont été les victimes de politiques pendant 20 ans, ils ont pris la facture en pleine figure, ils ont pris les travailleurs détachés, la désindustrialisation, la réforme de la PAC avec la fin des quotas laitiers.
Les perdants doivent être représentés avec leurs problèmes qui doivent être portés. Oui il faudra être vigilant, engagé, pour défendre l’autre France.
J’espère qu’il y aura Philippe et Marie-Claude élus. Il faut se battre pour gagner cette élection.
J’ai défendu cette France dans la Primaire, en prônant le télétravail, pour que les gens travaillent dans nos communes rurales. Oui la question européenne est centrale.
Ayant rompu avec la politique Hollande, sur la question de l’austérité, j’avais annoncé 800.000 chômeurs de plus et le Front National. On a eu un million de chômeurs et Madame Le Pen est passée de 17 à 20%
Le fonctionnement aujourd’hui c’est je vais à Berlin, à Bruxelles et j’applique la politique. Tout cela parce qu’il parait que l’on aurait signé des traités. Mais ils n’avaient pas été votés par nos concitoyens. Je le sais, j’avais voté contre
Philippe Baumel défendra l’autre France. On a besoin de Députés comme Philippe Baumel qui défendent l’autre France, l’autre Europe»

Philippe Baumel


«Dorénavant il faudra faire des choix clairs, pour qu’une certaine majorité se dessine. Sans doute que dans ce mandat, l’Assemblée Nationale pourra être le contre-pouvoir.
La sixième république promue par Arnaud Montebourg, c’était celle d’une meilleure représentation. Et c’est sans doute un des leviers pour éviter les votes extrêmes.
Le CICE je n’étais pas contre, mais il fallait le conditionner à la création d’emplois. Sur le CICE, sur la déchéance de nationalité, sur la loi travail, on nous a appelé les frondeurs, mais on défendait une ligne politique. Malheureusement nous n’avons pas été entendus. Les résultats des différents scrutins dans le mandat ne nous ont pas donné tort. Il faut en tirer les leçons.
La dernière loi du travail a échoué, c’est parce qu’il n’y a pas eu dialogue. Je ne suis pas contre systématiquement, mais il faut une méthode, il faut du respect. Il y a obligation d’un nécessaire dialogue avec les partenaires sociaux.
Concernant la 3ème circonscription, je rappelle qu’il y a quatre ans Dim était à vendre. On a travaillé avec Arnaud pour trouver un partenaire qui maintienne l’emploi en France. Dim a été racheté par un américain, mais la production a été maintenue en France et en Europe.
Il y a aussi eu le dossier AREVA avec la nécessité d’avoir des outils essentiels. La Forge n’avait pas été modernisée pendant des décennies. 170 millions d’euros ont été investis. Il n’y a que deux outils au monde dont un au Creusot. Safran a doublé sa capacité au Creusot ; On s’est battu pour qu’Alstom conserve ses capacités. On a joué les rapports de force, on y est arrivé.
Oui il y a rupture sur certains points.
Concernant l’agriculture, oui il y a eu des dossiers chauds comme ceux du zonage qui sont essentiels. Car cela pouvait correspondre à des disparitions d’exploitations».
Alain BOLLERY