jeudi 27 juin 2019

Nuit des Soldes Vendredi 28 Juin de 19h à 21h

Chez les commerçants de «Creusot Foch»» et ceux de «Commerces en coeur»

Édito
Les résultats des élections européennes ont confirmé qu’il convient de se méfier de plus en plus des sondages. Jean-Luc et Laurent faisaient la gueule dimanche soir, mais ils n’étaient pas les seuls.
Questions à...
Le Député de Saône-et-Loire veut redonner du pouvoir aux Maires et encore plus dans les intercommunalités. Rémy Rebeyrotte a aussi dit ce qu’il pense de la menace de rétention des notes du Bac.
Municipales : «Nous avons des Marcheurs dans les deux majorités au Creusot et à Autun…»
Alors qu’ils sont officiellement présentés ce jeudi à 18h30, Jérémy Pinto lève un coin du voile sur les 42 rendez-vous programmés.
Nicolas Pommerel est le nouvel entraîneur du Creusot, avec Eric Catinot pour les arrières et Vuli pour les avants.
Avant la reprise de juin, Nicolas Pommerel se confie dans une interview à creusot-infos.
Écouter, lire, voir
> Faits divers > En Saône-et-Loire

COUCHES : Un jeune homme jugé pour avoir frappé sa compagne enceinte

14/06/2019 18:00Lu 3513 foisImprimer l’article
L'audience est terminée. La jeune femme se lève et on voit alors son ventre, rond, tout rond. Un ventre de fin de grossesse, un ventre du dernier trimestre de grossesse. Il ne devait pas être si gros lorsqu’il l’a frappée, en mars dernier. Ce ventre qui porte son enfant à lui et pourtant sur lequel il a lâché son bras, sa main, son poing, lorsqu’il a frappé sa compagne ? On ne sait. On sait seulement que l’état de grossesse était « connu et apparent ». Super. Violences sur conjoint, et donc sur le fœtus. Nous sommes en audience de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, ce jeudi 13 juin.
La CRPC est une procédure qui permet de pallier un peu le manque de magistrats, de greffiers. Elle économise du temps, faute de moyens, car la justice souffre d’engorgement, et ce n’est pas vraiment nouveau.
La CRPC exige, comme son nom l’indique, que le prévenu ait reconnu les faits qu’on lui reproche. Il est obligatoirement assisté d’un avocat pour comparaître devant le procureur de la République qui reprend les faits avec lui et lui propose une peine. Si le prévenu accepte la peine, il passe alors devant un juge qui s’assure de son consentement, et que la peine est proportionnée aux faits et à la personnalité.
Ensuite seulement il entérine la proposition du procureur. L’audience est publique mais ce n’est pas une audience de jugement, c’est donc rapide et il n’y a pas de débats.
Voilà pourquoi on ne sait pas à quoi a ressemblé la scène du 10 mars dernier dans un domicile situé à Couches et au cours duquel monsieur s’est rendu coupable de violences doublement aggravées : sur conjoint et sur personne vulnérable. Le procureur demande une peine de 3 mois de prison entièrement assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans, avec une obligation de soins, de travailler.
Il accorde la dispense de l’inscription de la peine au B2 du casier judiciaire de monsieur. Le monsieur en question est jeune. Il est né en 1993. Ses avant-bras tatoués sont appuyés sur la barre et en dehors de ça il est discret au possible. Profil bas. La présidente Toselli s’intéresse à la victime. Veut-elle demander des dommages et intérêts ? Elle en a le droit. Non, la jeune femme ne veut pas. Son conjoint et elle ne se sont pas séparés, « on a énormément discuté » et, dit-elle, « ce n’est pas un homme violent ».
Qu’elle en soit amoureuse est une chose, qu’elle soit attachée à ce que le bébé voit son père auprès de lui est une chose également qu’on peut entendre, mais qu’il ne soit pas violent… La présidente le lui fait remarquer : « Il y a quelques certificats médicaux dans le dossier, pour des épisodes qui ne sont pas poursuivis » (mais existent néanmoins, ndla). Par conséquent, son chéri est violent, c’est ce que de notre place, on comprend.
« Je regrette », dit monsieur, sobrement. On veut penser que si ce monsieur échappe à l’audience de jugement devant un tribunal correctionnel, c’est que les faits le permettaient, la politique du parquet du TGI de Chalon en matière de violences conjugales est ferme.
La présidente Toselli exerce sa fonction au maximum de ce que la forme de la CRPC lui permet. Elle homologue la peine et insiste : « Je pense qu’il est indispensable que vous ayez des soins pendant 2 ans (soit la durée du sursis probatoire), une réflexion est indispensable. »
La jeune femme se lève alors, pour quitter la salle, comme précédée par ce ventre qui porte la vie, et sur lequel aucune main, fut-elle rattachée à un avant-bras tatoué, n’a le droit de se poser autrement qu’en un geste doux. En principe.
Florence Saint-Arroman