samedi 19 janvier 2019

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Édito
La Présidente a choisi le réseau social, dénoncé pourtant pour la violence de ses commentaires, pour présenter ses vœux. C’est bien plus que paradoxal.
Questions à...
Le Député de Saône-et-Loire au cours d’une conférence de presse a parlé «gilets jaunes» mais aussi fait le point sur les engagements tenus du Gouvernement. ACTUALISE
Le vice-président du Conseil Régional se confie sur le budget économie de la Bourgogne-Franche-Comté, «au service de toutes les entreprises».
A l'occasion de la session plénière du Conseil Régional consacrée au vote du budget, la question des transports, le premier budget de la Région, a constitué une grande par des discussions. Et l'imbroglio autour de la hausse des tarifs des abonnements TER a masqué d'autres aspect de cette compétence. Le premier vice-président revient pour Infos-Dijon sur les grandes lignes du budget transports 2019 de la Bourgogne-Franche-Comté.
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MONTCHANIN : Soso et Levan, les voleurs d'alcool et braqueurs à l’Intermarché, étaient aussi des comédiens...

11/01/2019 00:25Lu 24689 foisImprimer l’article
Les géorgiens, voleurs d'alcool et interpellés à Montchanin, avaient aussi volé le matin même à l'Intermarché de Saint-Vallier.
ACTUALISE : Ils ont été jugés jeudi après-midi. Ils s'en sortent bien : Ils ont échappé à la prison ferme.
Ils passaient par-là, guidés par un GPS qui leur indiquait les Intermarchés. C’est ainsi que Soso B., 41 ans, teint gris, nez busqué, cheveux ras et grisonnants, et Levan G., 37 ans, cheveux bruns sur un crane déjà tonsuré, barbe de quelques jours, ont volé ce mardi 8 janvier les magasins Intermarché de Saint-Vallier, puis de Montchanin, avant de se faire courser par le directeur et le gérant du dernier, puis être arrêtés par les gendarmes.
Le GPS est l’indice d’un circuit préparé, mais les deux hommes sont de sacrés baratineurs et l’audience de jugement selon la procédure de comparution immédiate en fut animée.
Les deux hommes sont géorgiens. Ils disent avoir tous deux déposés des demandes d’asile et être hébergés en CADA, l’un à Clermont, l’autre aux alentours de Clermont. Levan dit être venu avec sa femme et ses enfants, Soso est seul, sa famille est au pays. Un interprète se tient à la barre, les deux prévenus sont dans le box, escortés par des gendarmes, ils sortent de garde à vue.
Veulent-ils être jugés aujourd’hui ou bénéficier d’un délai pour préparer leur défense ? « C’est vrai qu’il y a une loi qui peut nous mettre en prison en attendant ? » s’enquiert Soso. La présidente Verger salue sa fine connaissance des procédures, lui qui est là depuis quelques mois, et ils préfèrent du coup être jugés.

« J’allais le porter à la gare, aux objets trouvés »

Mardi matin, 6 bouteilles d’alcool à Saint-Vallier, puis 10 à Montchanin. On retrouve de surcroît le portefeuille d’une cliente dans la voiture. « Je l’avais trouvé, et j’allais le porter aux objets trouvés à la gare. Si j’avais voulu le voler, j’aurais pris l’argent et je l’aurais jeté ! » Soso n’en revient pas que les autorités françaises soient à ce point ignorantes des pratiques élémentaires en matière de vol, mais la présidente lui demande pourquoi, dans ces conditions, on a trouvé la carte bancaire de la propriétaire du portefeuille sur lui… Ah non, c’était pas sur lui, elle a dû tomber et les gendarmes auront fait un raccourci.

Soso sort un revolver et les menace

Aucune victime n’est présente, et c’est certainement dommage que personne n’ait fait l’effort de venir témoigner devant le tribunal, car la restitution de la scène par le duo diffère de la scène décrite initialement. Le gérant et le directeur du magasin de Montchanin ont repéré les hommes et les ont pris en chasse. Ils bloquent la voiture. Soso spontanément restitue les 8 bouteilles, espérant filer, mais non.
Levan redémarre, le directeur grimpe sur le capot, s’accroche aux essuies glaces pour l’empêcher de partir. Le ton monte. Soso sort un revolver et les menace. Ils décampent. Les gendarmes les arrêtent peu après. Dans le box, ça proteste et ça s’exprime. Levan reconnaît les vols, mais Soso pas vraiment : oui il est entré dans le magasin et a rempli un sac, mais il a ensuite réalisé qu’il n’avait pas assez de sous pour payer les bouteilles alors il a laissé le sac.

Jeu de piston, debout, assis

C’est Levan qui a sorti le sac du magasin. Les caméras ont tout capté. La présidente Verger en arrive aux faits de violence, et voilà Soso qui se lève et mime avec véhémence l’agression dont il fut victime. Il fait des gestes, il montre sa chemise tachée de sang, tend son doigt qui fut mordu, il raconte une bagarre.
« Calmez-vous, asseyez-vous », lui intime la juge. Les gendarmes posent leurs mains sur les épaules. Ce jeu de piston va se répéter. « Il a cassé les essuie-glaces et il tapait sur la tête de mon copain avec », continue-t-il de protester. Levan : « Il m’a donné des coups sur le visage avec une chaussure, j’avais enflé. »
La présidente : « Levan G. reconnaît-il avoir roulé alors que le gérant était devant le capot ? » Levan se lance dans un discours, long et fort. L’interprète : « Il dit non, si j’avais fait ça, j’aurais laissé mon copain tout seul car il était dehors. » Il y a un témoin, objecte la présidente.

« C’était pour lui faire peur, pour qu’il me lâche »

La simple idée que le gérant et le directeur aient tenu à l’arrestation de leurs voleurs ne semble pas effleurer les deux hommes indignés. Le fait qu’ils aient réussi à partir en braquant une arme sur eux ne tempère en rien leurs ardeurs. Alors l’arme justement, était factice, disent-ils.
A supposer que ça soit vrai, ça ne change rien à la gravité du geste, mais soi-disant c’est le jouet d’un des enfants de Levan, car ses enfants « jouent souvent autour de la voiture ». De toute façon, on n’a pas retrouvé cette arme, précise maître Corneloup. Soso se lève immédiatement, les gendarmes le font s’asseoir.
« Est-ce que Soso B. reconnaît avoir pointé une arme ? » Le dit Soso repart en mime, à nouveau debout. A nouveau mains sur son épaule, mime assis. « C’était pour lui faire peur, pour qu’il me lâche. » Il reconnaît. Chaque étape de l’instruction de la présidente est franchie comme à la force des poignets.

Chaque question déclenche un tel flot de paroles…

Pourquoi volent-ils ? Levan geint que ses enfants n’avaient pas d’habits, c’était pour leur acheter des habits. Soso voulait faire la fête avec des amis, c’était pour boire. Bien sûr ils ne sont jamais venus à Montchanin avant, sauf que Soso y a été contrôlé le 5 décembre dernier.
Il s’emballe illico, c’est la voiture qui était tombée en panne, halte forcée. Quelques moues sur les visages, le tribunal n’y croit pas, mais passons car chaque question déclenche un tel flot de paroles que l’interprète doit ensuite restituer qu’on pourrait y passer la nuit.
On apprend ensuite que Soso est un ancien toxico sous Subutex, qu’il souffre d’une hépatite C, d’asthme et d’épilepsie, et d’ailleurs il pense qu’il mourrait en prison s’il devait y aller, avec toutes ces pathologies (qui supportent tout de même qu’il picole sec quand il fait la fête, mais passons). On apprend que Levan travaille pour le ministère de la défense en Géorgie, il est militaire et il a fait 7 ans de droit (ce qui ne l’empêche pas de voler, mais passons).

Levan, demandeur d’asile, devait rentrer chez lui aujourd’hui…

Le tribunal ne leur demande pas pourquoi ils ont demandé l’asile en France, mais comme pour le reste on peut passer, surtout quand Levan pleurniche que pas de bol c’est précisément aujourd’hui qu’il était prévu qu’il rentre dans son pays.
C’est ballot, quand même. On se permet l’ironie car ce n’est pas la première qu’une audience de jugement fait tomber à l’eau, comme par un fait exprès, une belle dynamique de vie (un demandeur d’asile qui fait des séjours dans son pays d’origine peut toujours courir pour fonder sa demande).
A ce sujet, Dominique Fenogli, substitut du procureur, demande quelques mois de prison ferme, pour « permettre à la préfecture de préparer leur retour ». L’interprète traduit, et ça vocifère dans le box, et rebelote les mains des gendarmes sur les épaules, et chut.

L’image même de la honte et de la désolation

Maître Corneloup plaide des violences réciproques, relève les blessures des prévenus. Elle demande que Levan soit relaxé pour le vol du portefeuille, « pour être rigoureux », et suggère des heures de travail d’intérêt général. Ces hommes sont-ils prêts à en faire ?
On salue la patience de la présidente et son respect des prévenus, car ils repartent l’un et l’autre dans des discours fleuves, que zut je devais rentrer chez moi aujourd’hui, que je vais mourir si je vais en prison, que je regrette, etc. A la fin de la plaidoirie, ils sont prostrés. L’image même de la honte et de la désolation. Pendant le délibéré, Soso se signe avec vigueur et ostentation. La décision leur redonne le sourire.
Levan est relaxé pour le vol du portefeuille, et des violences avec arme au moyen de la voiture. Coupable du vol des bouteilles, il est condamné à 2 mois de prison avec sursis. Soso est condamné à 6 mois de prison avec sursis, interdiction de porter une arme pendant 6 mois. Ah ça va mieux ! Fini le mime, fini le ton geignard. « Merci. »
Florence Saint-Arroman

Notre article du 8 janvier :
Il était un peu plus de 11h30, ce mardi en fin de matinée, quand deux clients de l’Intermarché de Montchanin ont été repérés alors qu’ils venaient de faire main basse sur des bouteilles d’alcool et qu’ils prenaient la fuite.
A l’extérieur du magasin, sur le parking, rattrapés par le gérant du magasin, ils n’ont pas hésité à sortir une arme de poing pour protéger leur fuite. Ils se sont alors engouffrés dans un Citroën Picasso noir, avant de prendre la fuite en direction du Creusot, par l’avenue de la République.
Prenant tous les risques, ils n’ont pas hésité à doubler de nombreux véhicules… Dont une voiture de gendarmerie qui les a pris en chasse. Les militaires, à savoir des gendarmes de la brigade motorisée (BMO) du Creusot les ont alors interpellés au bout d’une impasse, alors que les renforts de gendarmerie étaient déployés sur le secteur.
Les deux voleurs présumés d’alcool, à savoir, selon les informations de creusot-infos, des ressortissants géorgiens, ont été placés en garde à vue dans les locaux de Montchanin, de la Communauté de brigades de Montchanin et du Creusot. L'enquête a débuté sous la direction de l'Adjudant-Chef Dardaine.
Le commandant Denizet, qui dirige la compagnie de Gendarmerie d’Autun, s’est rendu sur place. La brigade de recherches d’Autun a été saisie pour les investigations, de même que des gendarmes spécialisés dans les cambriolages et les vols d’alcool. Il s’agit en effet de mener des investigations pour établir si les deux protagonistes ont réalisé d’autres vols avec ou sans effraction. Les militaires ont également mené des investigations, avenue de la République, pour voir si des effets n’avaient pas été jetés dans la fuite.
Le Colonel Matthéos, commandant du Groupement de Gendarmerie de Saône-et-Loire, interrogé par creusot-infos, a d’abord tenu à souligner «l’efficacité du Plan MILAN. Immédiatement déclenché, il a permis de mettre en alerte tous les gendarmes et c’est ce qui a permis une interpellation rapide». Le Colonel a aussi tenu à féliciter les gendarmes qui ont eu le réflexe de prendre en charge la voiture et d’interpeller très rapidement les deux ressortissants géorgiens, dont on ne sait pas encore s’ils étaient basés dans le secteur où bien s’ils appartiennent à une bande organisée plus importante et itinérante.
Les investigations menées par les militaires ont permis d'établir que les deux ressortissants géorgiens n'étaient pas domicilié dans les Régions du Creusot, de Montchanin, de Montceau et même de la Saône-et-Loire. L'enquête a démontré qu'ils étaient venus du département du Puy de Dôme. Mardi soir, leur garde-à-vue dans les locaux de la Gendarmerie à Montchanin a été prolongée. C'est ce mercredi que le Parquet devrait statuer sur leur sort, avec une probable présentation.
A suivre…
Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY)


C'est en remontant l'avenue de la République que les voleurs/braqueurs ont été repérés et pris en chasse par les gendarmes de la BMO du Creusot

C'est au fond d'une impasse que les voleurs ont été interpellés

La voiture des deux ressortissants géorgiens a été perquisitionnée par les militaires

Des investigations ont également été menées avenue de la République