mercredi 23 octobre 2019


Nouvelles marques, nouvel espace de 150m2 refait à neuf, nouveaux services et des offres à ne pas manquer pour toujours vous satisfaire au mieux

100 premières montures offertes aux 100 premiers acheteurs

Édito
Les cheminots qui, vendredi, ont décidé de ne pas travailler ont délibérément pris en otage les usagers. Les conséquences de ce mouvement n’étaient pas acceptables.
Questions à...
1er vice-président du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, en charge des transports, Michel Neugnot réagit au mouvement à la SNCF, revendiqué «droit de retrait» qui a privé de trains TER des milliers de voyageurs vendredi et qui s’est poursuivi…
«Tout est fait pour que la sécurité soit assurée»
«Sur un Dijon – Nevers pas question de supprimer les contrôleurs»
«Dans les Ardennes c’était un accident de la route»
«C’est un mauvais procès de dire qu’il y avait une situation d’insécurité faute de contrôleurs»
Dans une interview à creusot-infos il parle du Mondial au Japon, de l’équipe de France, du Top 14, du rugby trop violent et du Creusot.
Dans une longue interview, la Présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté se montre marquée par les bouleversements climatiques.
«La sécheresse est une lame de fond»
Elle annonce une mobilisation exceptionnelle pour les années à venir, pour agir sur plusieurs leviers :
«La grande priorité, c’est la question climatique»
Marie-Guite Dufay confirme aussi qu’elle n’écarte absolument pas d’être candidate aux prochaines élections régionales, avec une affirmation en forme d’avertissement :
«Il faudra un rassemblement des forces de progrès pour faire barrage au Rassemblement National»
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> Faits divers > Au Creusot

TRIBUNAL : Le jeune creusotin n'a pas échappé à un retour en prison pour les kilos de drogue trouvés chez lui

25/06/2019 03:17Lu 7271 foisImprimer l’article
Ce sont ses parents qui l'ont dénoncé à la Police.
Cette enquête a démarré lorsque des parents, viennent, inquiets, rapporter au commissariat de police du Creusot qu'ils ont trouvé de la drogue dans la chambre de leur fils, un mineur. Le gamin désigne un monsieur G. comme étant son fournisseur, et monsieur G. désigne I. T. comme étant son propre fournisseur.
Les histoires de stups sont aussi des histoires de balances, électroniques aussi bien que bipèdes. C'est ainsi que le jeune I. T. est interpellé, placé en détention provisoire le jour de son anniversaire, il a 19 ans. Il est jugé ce lundi 24 juin à l'audience des comparutions immédiates.

2.5 kg de drogue, 7370 euros en liquide, 
des feuilles de compte, des cartes SIM

C'est la 3ème fois qu'on le voit dans le box (audience de renvoi : http://www.creusot-infos.com/news/faits-divers/au... puis une demande de remise en liberté : http://www.creusot-infos.com/news/faits-divers/au... mais aujourd'hui est le grand jour. Lors de la perquisition au domicile de sa mère, en mai dernier, la police trouve, outre quelques morceaux de résine de cannabis, un coffre abritant « des feuilles de compte », des cartes SIM et des téléphones, les clés d'une Laguna... et dans la Laguna, 2,5 kg de drogue.


« Moi je gardais des affaires pour la personne, et j'ai vendu quelques barrettes pour cette personne. Les téléphones étaient cassés, j'allais les faire réparer. L'argent en liquide c'était le mien, c'était l'argent des allocations de retour à l'emploi. » Il y avait 7370 euros en liquide. « Vos allocations se montent à combien ? », demande le président. « 970 euros par mois. »

«On m’a demandé de garder la drogue»

Le jeune prévenu murmure ses réponses, on lui demande une fois, deux fois, trois fois, de parler distinctement et audiblement, mais il voudrait que tout se passe en circuit fermé. « Vous pouvez rappeler au tribunal les motifs de vos condamnations ? » Son casier porte 8 mentions.
Silence. « J'ai pas envie que d'autres personnes le sachent. » Audience publique, lecture complète du casier judiciaire qui commence au tribunal pour enfants (conduites sans permis, outrage, vol en réunion, délit de fuite et refus d'obtempérer), puis conduites en ayant fait usage de stupéfiants. I. T. finit par parler suffisamment fort pour le tribunal et déclare à plusieurs reprises : « J'ai fait une grosse connerie, je ne recommencerai pas. »
Il maintient sa position : « On m’a demandé de garder la drogue, et on me donnait ma consommation en retour. » Sa conso ? « Deux joints chaque soir, avant de dormir. » Il aurait donc été « nourrice ». « J’étais menacé, j’avais pas le choix. » Il dit aussi : « La prison m’a fait comprendre beaucoup de choses » sans qu’il précise lesquelles.

«Il a fait ce choix, et il doit 
en assumer les conséquences»

« Il a monté son propre petit réseau et essaye de se défausser sur un autre. » Madame Saenz-Cobo, vice-procureur, s’est levée, et développe sa démonstration. Elle rappelle que plusieurs personnes mettent I. T. en cause dans leurs auditions et qu’elles décrivent la même façon de faire : il fallait contacter le très jeune homme sur un portable (il en changeait souvent) puis la transaction se faisait rapidement dans le hall de son immeuble.
Et puis à supposer que monsieur G. soit le fournisseur, il serait alors curieux que celui-ci n’ait pas récupéré ses kilos de drogue et ses feuilles de compte, dès l’instant où il a été entendu dans le cadre de l’enquête, et il fut entendu très rapidement puisque le mineur l’avait désigné.
A supposer également que l’argent liquide était bien celui des ARE, alors il suffisait largement à payer « sa conso ». « Il faut mettre monsieur T. à sa place, et sa place est celle d’un jeune homme qui a décidé de gagner de l’argent ainsi. La juridiction des mineurs a su faire preuve de patience à son égard. Il faut une peine qui lui rappelle que l’argent gagné en trafiquant est un argent délictueux. »
Elle requiert une peine « qui ne soit pas inférieure à 18 mois de prison ferme » (le garçon fait la moue), et la révocation d’un sursis de 3 mois. « On a essayé une forme de pédagogie, je regrette qu’on le retrouve dans une situation judiciaire périlleuse, mais il a fait ce choix, parce que c’est un choix, et il doit en assumer les conséquences. »

Violences de la part de son père, 
«jusqu’au coma»

Maître Lépine développe une autre lecture du dossier : les produits viennent de monsieur G. car la perquisition ne donne rien chez lui, rien du tout, or « celui qui est au-dessus (dans la pyramide d’un trafic, ndla) n’est pas celui qui vend. Donc monsieur T. n’est pas celui qui est au-dessus ».
« Il y a d’autres enjeux, poursuit l’avocate, et des vérités pas bonnes à dire en audience publique. » Sur le versant privé de sa vie, elle expose quelques éléments qui éclairent différemment son jeune client : il perçoit de l’argent, des indemnités que son père fut condamné à lui verser en réparation d’un préjudice dont on sait bien qu’aucune somme d’argent ne saurait suffire à réparer la fracture. Son père l’a maltraité et battu jusqu’au coma.
« Il est le seul fils de la famille, cela peut aider à comprendre pourquoi et comment il va défier l’autorité, et peut-être qu’il a voulu, à un moment donné, se prendre pour plus fort qu’il ne l’était. Il mérite qu’on s’intéresse à sa situation pour ‘après’ » …après l’incarcération inévitable vu la prévention et son casier, déjà, à 19 ans. Maître Lépine demande une peine mixte soit un peu de prison ferme et un sursis mis à l’épreuve ensuite, soit un suivi, un encadrement.

15 mois de prison ferme, maintien en détention

Le tribunal condamne I. T., 9 mentions désormais à son casier, en détention provisoire depuis le jour de ses 19 ans, à 12 mois de prison et à la révocation du sursis de 3 mois, il ordonne le maintien en détention et l’exécution des 3 mois : le garçon qui trouvait que « la prison, c’est trop difficile » repart au centre pénitentiaire jusqu’à ses 20 ans révolus.
Florence Saint-Arroman