lundi 23 septembre 2019
Édito
Les résultats des élections européennes ont confirmé qu’il convient de se méfier de plus en plus des sondages. Jean-Luc et Laurent faisaient la gueule dimanche soir, mais ils n’étaient pas les seuls.
Questions à...
Dans une longue interview, le Président de la Chambre d'Agriculture de Saône-et-Loire parle sans langue de bois. Il dresse des constats, accuse, parle de l’avenir et de la question de l’eau.
Il dénonce la main des Etats-Unis derrière des associations agissantes.
«On a des agriculteurs sur les rotules et petit à petit ils se désespèrent»
«Désolé, mais un steak végétal, ce n’est pas une entrecôte»
«On met de l’eau potable dans les toilettes et on n’est pas capable de répondre à l’abreuvement de nos animaux»
Le lundi 9 septembre 2019 restera dans l’histoire pour l’Hôtel-Dieu du Creusot, avec la première intervention chirurgicale réalisée avec le robot chirurgical, le 1er de Saône-et-Loire.
Le Docteur Jean-Philibert Combier a réagi dans une interview exclusive à creusot-infos.
«Le robot ne remplace pas le chirurgien. Il exécute ses gestes. C’est un progrès considérable»
«C’est capital pour recruter de jeunes médecins»
«Le Maire du Creusot a eu une vision d’avenir et de progrès sur ce dossier stratégique»
Vice-président du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, en charge des lycées et de l’apprentissage, Stéphane Guiguet détaille l’implication de la Région en matière d’investissements, mais aussi pour «le pouvoir d’achat des lycéens et de leurs familles».
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LE CREUSOT : Il s'était exhibé devant une dame de 81 ans, parce qu'il a toujours aimé les femmes mûres et âgées

30/03/2019 07:50Lu 6108 foisImprimer l’article
«Ca vous dirait Madame» avait-il lancé...
Il avait aussi agressé une femme à la sortie de l'église...
« Pourquoi ça s’est toujours passé rue de la promenade Saint-Henri au Creusot ? – Ben, y a des buissons. » Ben tiens ! C’est ainsi qu’un jour de 2013, madame C., 81 ans, vit sa marche quotidienne dans cette rue interrompue par un homme surgissant d’un buisson, son sexe à la main : « ça vous dirait, madame ? » Il était bien poli, ce monsieur, du moins dans sa façon de dire. Un an plus tard, lorsque cette même dame se fait agresser par un homme qui la saisit par derrière, soulève sa jupe et tire sur sa culotte, elle fait un lien avec l’exhibitionniste surgi du buisson.

Un homme assis sur un banc se masturbe, «exposant ses parties génitales»

L’exhibitionniste de la rue Saint-Henri a 56 ans et comparaît ce vendredi 29 mars 2019 devant le tribunal correctionnel du TGI de Chalon-sur-Saône pour deux faits d’exhibitions sexuelles (en 2013 et en 2014), une tentative d’agression sexuelle (avril 2014) et une agression sexuelle (mars 2014). La procédure commence en septembre 2014 : une femme appelle le commissariat de police du Creusot pour signaler qu’un homme assis sur un banc se masturbe, « exposant ses parties génitales ».
La police l’interpelle, prend son identité, ne l’entend pas tout de suite mais les policiers font le lien avec d’autres faits. Outre celui relatif à cette dame âgée, la police a une plainte d’une femme de 48 ans qui se fait agresser en sortant de l’église Saint-Henri en avril 2014. Elle se débat aussitôt et l’homme fiche le camp sans demander son reste mais il lui a griffé un bras, elle a deux jours d’ITT et se constitue partie civile. Maître Delmas demandera pour elle 3000 euros de dommages et intérêts. Cette victime reconnaît formellement le prévenu.

Il a un goût pour des femmes «mûres et âgées»
(tous les hommes ne sont pas Yann Moix, ndla)

Le 15 juillet 2015 l’homme est placé en garde à vue. On saisit son ordinateur lors de la perquisition à son domicile. La « restructuration de son disque dur », explique la présidente Therme, rend publiques les photos et vidéos pornos qu’il affectionnait, elles mettent toutes en scène des femmes « mûres et âgées ».
« Pouvez-vous expliquer ce besoin de montrer ses parties intimes à des femmes ? » Il tremble, il souffle, fort, par à-coups, pour évacuer le surplus de stress qui l’empêche de parler. La présidente insiste, doucement, « on comprend que ça soit compliqué mais… ». « J’ai honte », dit-il.
Cette honte, il l’a dite et répétée tout au long de l’instruction. Elle n’est pas feinte, elle pèse si lourd, que non-non-non il ne recommencera jamais, parce que jamais il ne veut se retrouver avec les poignets entravés. La honte. Et puis « j’imagine si mes parents étaient encore en vie, ce serait encore pire. » Bichon… il a 56 ans mais.

Il fut l’enfant d’une maman alcoolique et maltraitante envers lui

Le placement en garde à vue lui a fait un choc et a permis « une prise de conscience », une vraie, une de celles qu’aime le tribunal. Une conscience de ce que les victimes ont pu éprouver (la peur, et le reste). Il fut ensuite placé sous contrôle judiciaire, le temps de l’instruction, il avait des obligations, il a tout respecté.  « L’instruction est heureuse, car au départ on avait une qualification de viol, et puis finalement… plaide maître Leray Saint-Arroman.
L’instruction est heureuse car elle permet de mettre en lumière sa personnalité. » On ne sait si les mots « lumière » et « sa personnalité » peuvent cohabiter harmonieusement dans ce cas précis. Ce monsieur, par ailleurs honnête travailleur (travail manuel en CDI sans difficultés), est en difficulté sur les plans affectif, sentimental et sexuel. Il fut l’enfant d’une maman alcoolique et maltraitante envers lui. Lui-même boit depuis sa tendre jeunesse, et cette longue consommation assidue a dégradé ses facultés. Il a des troubles de mémoire, et c’est pas le cannabis qui allait arranger ça.

«Vie sentimentale et affective pauvres», «personnalité frustre et immature»

En revanche le cannabis couplé à l’alcool levait bien ses inhibitions et ses pulsions sexuelles ne trouvaient pas d’autre épanouissement que dans l’exhibition, ou de tenter d’agresser des femmes sans insister davantage pour autant, mais quand même… « Niveau intellectuel pauvre », « vie sentimentale et affective pauvres », « personnalité frustre et immature », « altération modérée du discernement ».
A l’époque des faits, jusqu’à 5 joints par jour et 14 bières, ou 14 pastis ponctuaient ses journées. Pas d’amis, pas d’amour, peu de relations sociales. Le médecin expert, en 2015, note « il est dépressif, risques suicidaires ». La bonne nouvelle c’est qu’il va mieux. Son contrôle judiciaire fut long (3 ans ½) mais positif. Il voit son toubib, il a « des calmants pour l’alcool », et surtout il a noué une relation affective avec une femme qu’il voit les week-ends.
Dominique Fenogli, substitut du procureur, requiert 18 mois totalement assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans. « J’ai revu mon quantum à la baisse », dit-il : l’audience a permis de prendre une autre mesure des faits. Maître Leray Saint-Arroman revient d’ailleurs sur les faits dits d’agression sexuelle car « on mélange là deux victimes et Mme X est victime de tentative, non d’agression. Elle demande la requalification, le tribunal relaxera « au bénéfice du doute ». L’avocate plaide pour un quantum de peine moins élevé et pour des soins psychologiques, « quand je vois dans quel état est monsieur aujourd’hui, je pense que oui, des soins de cette nature seraient bons pour lui ».

«Aviez-vous déjà vécu une sexualité normale avec une femme ?»

Le tribunal condamne l’ancien exhibitionniste de la rue Saint-Henri à 12 mois de prison intégralement assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 18 mois. Il doit poursuivre les soins contre son alcoolisme, engager des soins psychologiques. Interdiction de contact avec les victimes (4), indemniser de 1000 euros la seule à s’être constituée partie civile. Le tribunal constate son inscription au FIJAIS, pour 20 ans. Quand la présidente lui a demandé : « Aviez-vous déjà vécu une sexualité normale avec une femme ? » Il a répondu, « pas spécialement ». Ça voulait dire « non ».
Florence Saint-Arroman