mardi 16 juillet 2019

Niché au cœur du quartier thermal de Bourbon-Lancy, le centre CeltÔ est un véritable lieu de détente dédié à votre Bien-Être où l'on vous réserve un accueil intimiste et attentionné pour une prise en charge personnalisée.

Édito
Les résultats des élections européennes ont confirmé qu’il convient de se méfier de plus en plus des sondages. Jean-Luc et Laurent faisaient la gueule dimanche soir, mais ils n’étaient pas les seuls.
Questions à...
Vice-présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté en charge des sports, Laëtitia Martinez, dans une interview, évoque l’engouement autour du mondial féminin. Elle souligne aussi la démarche volontariste de la Région pour développer et soutenir le sport féminin.
Juste avant les grandes vacances, le Maire David Marti se livre dans une interview à creusot-infos.
Gratuité à la piscine, espace Simone Veil, démolition de la Tour Jaurès et à la Molette, travaux dans les équipements sportifs… Le Maire répond aussi au sujet des prochaines élections municipales.
Le Député de Saône-et-Loire veut redonner du pouvoir aux Maires et encore plus dans les intercommunalités. Rémy Rebeyrotte a aussi dit ce qu’il pense de la menace de rétention des notes du Bac.
Municipales : «Nous avons des Marcheurs dans les deux majorités au Creusot et à Autun…»
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LE CREUSOT : «Et puis, il y a cette photo...» Une photo de son sexe. «Vous saviez qu’elle était mineure ?»

22/09/2018 16:30Lu 10233 foisImprimer l’article
C'est la question qui a été posée au prévenu, au tribunal, pour une jeune fille qui avait 13 ans.
« Vous vous envoyez des photos, vous avez des échanges à connotation sexuelle. Elle est dans la provocation, il faut le dire, précise la présidente Therme. Et puis, il y a cette photo... » Une photo de son sexe. « Vous saviez qu’elle était mineure ? »
C’est toute la question, mais il dit qu’il ne le savait pas. Elle avait 13 ans, à l’époque. C’était entre le 5 et le 6 juillet 2014. Il avait 23 ans et il tchattait avec une donzelle dont le skyblog avait attiré son attention. Elle l’aguiche, il l’aguiche, ils s’aguichent, et bim !, il envoie l’artillerie. Résultat : « corruption de mineur par une personne mis en contact avec la victime par un réseau de communications électroniques ».

« T’as vu mon flingue comme il est gros ? » parodiaient les Nuls

Quoi de mieux qu’un pénis en érection pour toucher une femme ? Susciter son émoi ? Des milliers de choses en réalité. Il faut vraiment en être au degré zéro de la sexualité pour imaginer que la vue de l’organe érectile alors coupé de l’ensemble du corps puisse arracher à une femme autre chose qu’un recul légèrement dégoûté, ou un rire, ouvertement moqueur, lui. Il faut en être au stade du rut.
« T’as vu mon flingue comme il est gros ? » parodiaient les Nuls à une époque, singeant Clint Eastwood armé d’un revolver géant, symbole de sa puissance phallique ramenée à presque rien, parce que voilà ce que ça fait, de surinvestir le bidule : ça fait marrer. Les femmes du monde entier le savent.

Adultes/ados : « le télescopage est violent pour les plus jeunes »

Le jeune homme se tient, très mal à l’aise, devant ses juges, toutes des femmes ce vendredi 21 septembre au tribunal correctionnel. Le 6 juillet 2014, il voulait bander, se masturber sans doute. Soit. Du reste, conclure par écran interposé est impossible, il ne reste que le fantasme, et bien des échanges de cette nature en restent là.
Lui en Bourgogne, la petite loin d’ici, rien à faire. La présidente revient à la minorité de la gosse, rappelle à ce garçon pataud, renfermé, et honteux (dur, dur, d’évoquer ces choses-là en public) que « les questionnements des ados sur la sexualité ne sont pas en adéquation avec ceux des adultes, et le télescopage est violent pour les plus jeunes ».

«Comportement inadéquat», «pas de volonté de corruption de mineur»

Une expertise psychiatrique est obligatoire pour les infractions à caractère sexuel. « Monsieur X est quelqu’un d’assez timide, très introverti ». Le psychiatre ne relève aucun trait de personnalité perverse, ni d’agressivité. « Forte honte, et regrets » en revanche. Le prévenu reconnaît avoir eu un « comportement inadéquat », « pas de volonté de corruption de mineur ».
Ce jeune homme, âgé de 27 ans aujourd’hui, célibataire, sans enfants, casier judiciaire vierge, vit toujours chez ses parents. Il se servait d’un smartphone au nom de son père, « c’était le mien mais c’est mon père qui payait ».

« Elle s’est mise en danger, cette jeune fille »

La présidente lui demande s’il a quelque chose à ajouter : « Je prends mon poste de travail à 20 heures, je suis en train, il faut que je sois à l’heure. » On apprend du parquet que plusieurs procédures sont en cours, « elle s’est mise en danger, cette jeune fille », et que son âge était marqué sur le blog, mais « pas de danger de la part de monsieur, j’espère qu’il a compris, car ça coûte cher. »
En effet, « la conséquence immédiate qui s’attache à ce type de faits, c’est l’inscription à un fichier. » Le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles, le FIJAIS : la peine est automatique, obligatoire.  

20 ans au FIJAIS, ça fait cher la photo de sa quéquette

« Le tribunal vous condamne, monsieur, à 5 mois de prison intégralement assortis de sursis. C’est un avertissement qui tient compte de la gravité des faits. Le tribunal constate votre inscription au FIJAIS. »
Justifier de son domicile chaque année à la police ou à la gendarmerie. Déclarer son nouveau domicile dans les 15 jours suivant un déménagement, pendant 20 ans… ça fait immensément cher la photo de sa quéquette. Bon sang personne ne lui avait appris qu’on ne met pas des photos pareilles sous les yeux des gens ? Que c’est déplacé ? Débile ? Très con ? Que ça fait peur aux petites et que ça fait rire les grandes ? Pfff...
Florence Saint-Arroman

Précision : « Le tribunal n’a pas le choix, pour l’inscription au FIJAIS, mais trouve que cette obligation peut poser des difficultés car elle n’est pas adaptée, ici. » Le jeune homme pourra en demander l’effacement plus tard. Il encourait 7 ans de prison, pour cette prévention.