dimanche 17 février 2019
Édito
La Présidente a choisi le réseau social, dénoncé pourtant pour la violence de ses commentaires, pour présenter ses vœux. C’est bien plus que paradoxal.
Questions à...
Dans une longue interview à creusot-infos, le Député européen sortant, 3ème sur la liste «Les Républicains», n’est pas tendre avec le Président de la République.
«Ce Président est très tacticien et très habile»
«Le grand débat c’est quand même un aveu d’échec».
Alstom, Nadine Morano, Rachida Dati, référendum, immigration, l’élu bressan n’élude aucun sujet.

Marie-Guite Dufay : «Travaillons ensemble et faites confiance aux territoires»
Jean-Patrick Courtois : «Il y en marre des normes»
Michel Suchaut : «Le principal problème de la France c’est le recrutement»
Patrick Merliaud : «Commandez les EPR dont la France a besoin»

Exclusif

André Accary : «Faites confiance aux territoires»
Jérôme Durain : «Quelles mesures concrètes pour aider les Maires à boucler leurs budgets ?»
David Marti : «Soutenez nous pour le maintien des services publics»
Rémy Rebeyrotte : «La santé, la mobilité, le numérique sont des sujets majeurs»
Écouter, lire, voir
> Faits divers > Au Creusot

LE CREUSOT : 6 jours d'ITT pour une claque, ça fait beaucoup...

12/10/2018 13:22Lu 4154 foisImprimer l’article
Il se la jouait un peu en rentrant dans le box, pouce levé pour les copains. Mais avec déjà 18 condamnations au compteur, le Tribunal n'a pas été tendre.
Il se la joue un peu en entrant dans le box, pouce levé pour les copains. Quand la présidente Pertuisot donne le détail de son casier judiciaire il fait moins le malin. Yaser (prénom modifié) M. est né en 1978 au Creusot, il a été condamné 18 fois déjà, pour des vols, des violences, et comparaît ce lundi 8 octobre pour des violences sur conjoint ou ex-conjoint, en état de récidive légale. 6 jours d’ITT pour la victime.
6 jours d’ITT parce que le coup qu’elle a reçu l’a envoyée valdinguer dans la litière du chat et quelques marches d’escalier. « Oui, elle l’a agressé verbalement, puisqu’elle pensait qu’il lui avait dérobé ses clés, mais il l’a frappée ! », la vice-substitut du procureur requiert 9 mois de prison avec mandat de dépôt à l’audience, Yaser est en état de récidive légale. « C’est un dossier fâcheux, répond maître Lépine, car mon client devait comparaître libre aujourd’hui, sur convocation, il est détenu mais pour autre chose. Vous entrerez en voie de condamnation cela ne fait pas débat, mais il faut considérer le contexte. »
Le contexte, vu de l’extérieur, semble violent, de cette violence relationnelle qui est parfois un mode habituel : on se parle mal, on s’insulte, on se menace. Le couple s’est formé en 2004, il a eu un fils, un fils âgé de 6 ans maintenant, qui est « très attaché à son père », cela est dit plusieurs fois. Le père, lui, a une vie judiciaire remplie et finalement est souvent absent, « ses incarcérations perturbent son fils ». Le père et la mère se séparent, mais le père vivait au domicile de son ex, lorsque, le 20 septembre, elle est rentrée du travail, lui il était chez son cousin (à elle), elle a cru qu’il lui avait volé ses clés (« mais il vivait chez elle ! s’interroge maître Lépine »), elle a filé, très énervée, les récupérer.
« Je maintiens ma version, dit le prévenu, je lui ai mis une claque, mais pour répondre à ses insultes, à ses menaces. J’ai craqué. Je regrette, d’ailleurs, mais avec un verre en trop, je ne me suis pas contrôlé. » Consommation d’alcool importante, problématique. « C’est un couple qui ne fonctionne pas bien, plaide l’avocate. Notez que pendant les presque 4 jours qui ont suivi ces faits, il n’y a pas eu le moindre problème. Il avait été placé sous contrôle judiciaire, mais là il exécute 1 mois de sursis TIG, et forcément ça donne une image défavorable. » Rien ne justifie le mandat de dépôt, dit l’avocate.
Le tribunal n’en décerne pas. Il condamne Yaser à 12 mois de prison dont 6 mois assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans. Obligation de soins, de travailler, interdiction de contact. Yaser rigole, la présidente Pertuisot le rappelle à l’ordre. « Je tiens à m’excuser, avait dit cet homme. J’ai réfléchi, je peux prendre un appartement, et je pense à mon fils : j’ai pas envie qu’il parte sur une sale année d’étude. »
F. Saint-Arroman