mercredi 22 mai 2019
Édito
Les faits très graves qui se sont produits lundi matin, ont révélé autant le manque de respect et de politesse, que cette violence qui n’en finit plus de s’incruster dans les têtes, dans les esprits et donc bien malheureusement dans les actes.
Questions à...
Le vice-président de la Région Bourgogne – Franche-Comté, en charge des lycées est catégorique : «On sait s’adapter, on sait être réactif et on peut voter un financement exceptionnel»
Elu lundi après-midi nouveau Président de la Chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire, Bernard Lacour entend mener une présidence de combat. Pour défendre l’agriculture «contre les attaques menées par des minorités». C'est ce qu'il affirme dans une longue interview qu'il a accordée à creusot-infos.
«88% de la société française apprécie notre agriculture et ses agriculteurs et on entend que les minorités»
«L’agriculture française c’est la qualité et la traçabilité»
«L'engagement du conseil départemental a été vital»
«Dans la Communauté Le Creusot - Montceau, on va franchir un cap dans la gestion de l’eau».
Dans une longue interview à creusot-infos, le Député européen sortant, 3ème sur la liste «Les Républicains», n’est pas tendre avec le Président de la République.
«Ce Président est très tacticien et très habile»
«Le grand débat c’est quand même un aveu d’échec».
Alstom, Nadine Morano, Rachida Dati, référendum, immigration, l’élu bressan n’élude aucun sujet.
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LE CREUSOT : 18 ans et déjà le casier judiciaire d'un grand...

09/04/2018 23:05Lu 6666 foisImprimer l’article
Il a échappé à une incarcération, mais sa voiture est confisquée.
Il vient d’avoir 18 ans, il est encore beau comme un enfant, il a le casier judiciaire d’un grand : 10 condamnations prononcées par le tribunal pour enfant.
En ce lundi 9 avril, ça y est, il passe au pénal pour les majeurs, et par la porte la plus dure : la comparution immédiate. Ce jeune garçon s’obstine, depuis sa minorité, à conduire sans permis. Sa chérie a une voiture, c’est super pratique, bien qu’elle non plus n’ait pas le permis. Il se drogue, y compris quand il conduit. Lors du dernier contrôle policier, il a fui et mis en danger les vies des autres. Obstiné jeune homme, dangereux jeune homme.
Appelons-le Jordan, né au Creusot, résidant au Creusot. Longiligne, silhouette souple et sans gras, la peau lisse, le ton très bas à la barre, on comprend mal ce qu’il dit, quand il dit quelque chose... Le 23 mars dernier il circule au volant du Scenic de sa copine. Défaut de feu, contrôle. Il reconnaît immédiatement ne pas avoir le permis de conduire, ni d’assurance pour la voiture. Il est positif au cannabis, les analyses parlent d’une « altération maximale du comportement » et d’un « usage chronique ».
La présidente Catala l’interroge sur le pourquoi du comment, il sort les trucs bidons du genre « ça allait pas dans ma tête, j’avais pas d’travail, alors j’ai pris le volant ». Il ressort de garde à vue avec une convocation devant le tribunal correctionnel pour septembre, mais quinze jours plus tard, le 3 avril, les policiers à bord d’une voiture banalisée le reconnaissent alors qu’il... conduit. Jordan comprend que ce sont des policiers : il prend la fuite, il fait un demi tour et « fonce sur notre véhicule, se ravise au dernier moment » raconte le PV, il file « à folle allure » et à partir de là tout n’est plus que cascade d’infractions au code de la route.
« On commence par le début, dit la présidente. Vous reprenez le véhicule. Qu’est-ce qui n’était pas assez clair après la première garde à vue ? » Il ne sait pas. Le refus d’obtempérer et la mise en danger ? « J’ai paniqué, j’ai slalomé, c’était pas voulu. - C’était pas voulu ? Monsieur, c’est vous qui aviez le volant entre les mains. » Il faudra 48 heures avant de pouvoir l’interpeller. À ce moment là, il jettera les clés de la voiture. Qu’espérait-il ?
Parmi les 10 mentions à son casier judiciaire, 2 pour défaut de permis, en 2015 et en 2017. Défaut de permis et vols. Le reste, ce sont des vols, des dégradations. Il a eu des mises à l’épreuve, des sursis, des amendes, des TIG. Il est en état de récidive légale, et le juge d’application des peines a rendu un rapport défavorable : aucune démarche pour indemniser les victimes, aucune démarche pour travailler.
Le juge préconise une révocation partielle de son dernier sursis de 5 mois. La rapide enquête sociale de l’AEM va contribuer à lui sauver les fesses : il a un rendez-vous bientôt pour tâcher d’intégrer un dispositif d’aide à l’insertion pour les jeunes. « Immaturité et manque d’ efforts » concluait le JAP, le tribunal plussoie.
« J’ai compris que si je veux pas aller en prison, faut que j’arrête mes conneries. » C’est bien l’avis du parquet qui requiert de la prison ferme avec un mandat de dépôt, considérant que les conneries, en effet, ça va bien. « La peur de la prison est suffisante, plaide maître Bailly. Pendant de longues heures il n’a pas arrêté de pleurer. Vendredi dernier il a eu très peur (de partir en détention provisoire, ndla), mais le juge des libertés et de la détention lui a fait confiance (en le plaçant sous contrôle judiciaire jusqu’au jugement, ndla) et il est là. » L’avocate communique au juge la convocation au rendez-vous pour le dispositif d’insertion.
C’est la der. Le tribunal condamne ce minot à 8 mois de prison, révoque le sursis antérieur à hauteur de 2 mois, mais ne décerne pas de mandat de dépôt. Jordan devra suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière à ses frais. Le Scenic est confisqué. Le garçon va pouvoir demander un aménagement de peine : « il faut vous démener pour intégrer le dispositif d’insertion et faire entamer des soins de sevrage du cannabis. Si vous arrivez devant le juge d’application des peines les mains dans les poches, vous pouvez préparer votre valise. » C’est la der : si Jordan recommence, il sera incarcéré.
FSA

Soulagé, quoique l’aménagement de peine ne soit pas acquis, le garçon a assisté aux autres comparutions immédiates. Les prévenus étaient tous de Montceau ou du Creusot, les infractions ayant toutes à voir, directement ou indirectement avec les stupéfiants, et un copain à lui était convoqué. Ils se connaissent tous.