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LE CREUSOT : 10 millions d’euros vont être investis pour développer la «Métallurgie des poudres»

08/02/2017 08:00Lu 6515 foisImprimer l’article
Un centre d’excellence va être monté, sans doute, dans le prolongement du centre technique d’AREVA. «Un programme d’investissement d’avenir, pour faire du Creusot la capitale du développement de la Métallurgie des Poudres, avec le projet EXACALIBURE», souligne Jean-Claude Lagrange.7 millions vont être mobilisés pour la seule machine fabriquée en Suède. Elle sera installée dans un bâtiment tout neuf où on fera monter la pression à 2000 bars et jusqu’à 2000 degrés.
Berceau de la révolution industrielle en Europe continentale avec une première foulée de fonte au coke en décembre 1785, Le Creusot va devenir une des capitales d’une nouvelle technologie, celle de la métallurgie des poudres.
Pour l’occasion, l’Université de Bourgogne, le PNB – Pôle de l’Industrie Nucléaire et l’agence Ecosphère, l’agence de développement économique de la Communauté Urbaine, créeront officiellement l’agence Excalibure. Ce sera très officiellement le lundi 20 février prochain.
La métallurgie des poudres est une technologie très séduisante. Elle permet en effet de réaliser des pièces complexes par compactage isostatique à chaud.
Pour l’occasion, 7 millions d’euros vont être mobilisés uniquement pour acquérir la machine fabriquée par le Suédois Quintus. Une machine qui permettra de produire des pièces jusqu’à 600 millimètre de diamètre et 1,80 mètre de longueur.
Cette machine sera placée dans une installation classée de 2000 m2. «Classée», car à l’intérieur, pour les besoins des développements technologiques, on fera monter la pression jusqu’à 2000 bars et à des températures qui pourront monter jusqu’à 2000 degrés. C’est bien plus que la température de l’acier qui coule à l’aciérie du Creusot d’Industeel.
Avec déjà une dizaine d’autres sociétés, dont AREVA, la filiale d’ArcelorMittal est d’ailleurs au rang des partenaires, car elle veut aussi miser sur ce programme d’investissement d’avenir qui vise donc «à créer, au Creusot, une filière complète, de la recherche à la production de petites et moyennes séries», souligne Jean-Claude Lagrange, vice-président du Conseil Régional en charge de l’économie et porteur du dossier au conseil de la Communauté Urbaine Le Creusot – Montceau. Les deux collectivités sont évidemment porteuses du projet, avec également comme partenaire l’Université Technologique de Montbéliard.
L’Université est directement impliquée, puisqu’une machine a déjà été installée à Dijon pour de la recherche fondamentale. Au Creusot, ce sera bien plus, avec la recherche donc, mais aussi et surtout des productions de séries, dans ce qui s’apparentera à des transferts de technologie.
«Avec ce projet, on est avec la même philosophie que le Mecateam Cluster. La Communauté Urbaine est là pour booster le projet», assure Jean-Claude Lagrange. Et de compléter : «Il s’agit de rendre accessible la technologie à des PME, en leur permettant d’aller vers des assemblage complexes. Cela peut aussi concerne la céramique, car la métallurgie des poudres concerne aussi la céramique pour des besoins technologiques bien précis d’industriels qui peuvent avoir besoin de pièces très complexes en céramique. Au Creusot on sera à la fois sur les aspects de recherche et de prototypage des pièces».
«Le recensement des premiers besoins des entreprises inscrites dans le projet ont déjà permis d’établir trois années d’activités», souligne Frédéric Debleds, le directeur de l’agence Ecosphère.
Dans un premier temps, EXCALIBURE s’appuiera sur une équipe resserrée de quatre personnes, avec un ingénieur et deux techniciens. Sur les premières années, 80% du chiffre d’affaires de la structure mutualisée sera réaliser pour le développement du prototypage et le solde pour des productions de petites et moyennes séries.
L’équipe s’appuiera sur les compétences régionales, y compris universitaires, pour fabriquer les moules et travailler sur les alliages. Les contrôles non destructifs, qui sont une des autres spécialités du Creusot, seront un autre aspect du développement de la Métallurgie des poudres.
A l’origine, c’est AREVA qui, en France, avec lancé le programme de recherche et qui vise à produire des pièces très complexes, sans soudure. Ce qui est la version du 21ème siècle des productions de pièces avec la technique de la cire perdue. Elle est maîtrisée dans l’excellence au Creusot. C’est l’objectif qui est fixé pour la Métallurgie des poudres.
Alain BOLLERY
(Photos DR)

          La métallurgie des poudres c’est quoi ?

Avec la compression isostatique à chaud, pratiquée jusqu’à 2000 bars de pression et jusqu’à 2000 degrés de température, les particules métalliques se solidifient. «C’est tout simplement moins d’usinage et moins de défauts pour des pièces prisées par notamment les industriels de l’aéronautique», met en-avant Jean-Claude Lagrange. Avec la métallurgie des poudres, il s’agit de répondre à des problématiques de résistance et d’assemblage des matériaux, dans les domaines notamment de l’aéronautique, de l’offshore, de l’énergie ou de la défense…
La métallurgie des poudres s’effectue, outre par compression isostatique à chaude, par SPS (Spark Plasma Sintering) et fabrication additive.
A.B.

          4 millions de l’Etat

Entre l’acquisition de la machine et la construction du bâtiment de 2000 m2, ce sont 10 millions d’euros qui vont être mobilisés, avec un apport de 4 millions d’euros de l’Etat dans le cadre des programmes d’investissements d’avenir. Le lancement des travaux de construction du bâtiment interviendra au cours de l’année 2018. A terme Excalibure sera appelé à développer et assurer des sessions de formation au sein de la nouvelle plateforme industrielle. Elle devrait normalement être montée sur l’ancien «feu de verse», dans le prolongement du centre technique d’AREVA, près du rond point Magenta, le long de l’avenue de la Paix.
A.B.