mercredi 26 juin 2019
Édito
Les résultats des élections européennes ont confirmé qu’il convient de se méfier de plus en plus des sondages. Jean-Luc et Laurent faisaient la gueule dimanche soir, mais ils n’étaient pas les seuls.
Questions à...
Le Député de Saône-et-Loire veut redonner du pouvoir aux Maires et encore plus dans les intercommunalités. Rémy Rebeyrotte a aussi dit ce qu’il pense de la menace de rétention des notes du Bac.
Municipales : «Nous avons des Marcheurs dans les deux majorités au Creusot et à Autun…»
Alors qu’ils sont officiellement présentés ce jeudi à 18h30, Jérémy Pinto lève un coin du voile sur les 42 rendez-vous programmés.
Nicolas Pommerel est le nouvel entraîneur du Creusot, avec Eric Catinot pour les arrières et Vuli pour les avants.
Avant la reprise de juin, Nicolas Pommerel se confie dans une interview à creusot-infos.
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COMMUNAUTÉ URBAINE : Mais pourquoi donc l’opposition a-t-elle voté «contre» les implantations d’un Hôtel et d’un Restaurant à Montchanin ?

24/12/2018 03:17Lu 7167 foisImprimer l’article
L’Hôtel B&B et le Restaurant La Boucherie vont bien s’implanter, malgré les velléités de l’opposition. La fronde menée en premier lieu par Lionel Duparay, élu de Montceau, et relayé par le Creusotin Charles Landre, était officiellement au nom de l’activité de centre-ville du Creusot, plus que de celui de Montchanin. Mais ça c’était la version officielle. La vraie raison avancée par la droite était de toute évidence ailleurs. creusot-infos vous dit tout.
Le dernier conseil de la Communauté Urbaine Le Creusot – Montceau, qui était consacré au vote du budget 2019, a été marqué par un épisode pour le moins surprenant, un brin surréaliste, voyant des élus s’opposer aux implantations d’un Hôtel «B&B» et d’un Restaurant, La Boucherie, entre la RCEA et le Kyriad.
Disons le tout net, une personne à qui on aurait diffusé la bande son du conseil, sans les images et sans connaître les étiquettes politiques des protagonistes, aurait sans aucun doute attribué à la gauche, les propos tenus par Lionel Duparay, adjoint de Madame Jarrot. Des propos prolongés par le Creusotin Charles Landre, qui s’est ensuite fendu d’une opinion (lire ci-dessous).
Le problème c’est que Lionel Duparay, comme Charles Landre ne sont pas classés à gauche. Ils sont de droite et l’assument pleinement.

«Les Hôtels ça doit être dans nos centres»

Mais alors qu’ont-ils dit ? C’est Lionel Duparay qui en premier lieu a expliqué qu’installer un Hôtel à Montchanin n’aura «aucune influence positive». Et d’ajouter : «C’est une question de stratégie qu’on ne partage pas. Les Hôtels ça doit être dans nos centres si on veut retrouver de l’activité».
Olivier Perret devait d’abord lui répondre : «Il y a une logique d’implantation. C’est aussi 35 emplois au total. J’aime autant que les usagers s’arrêtent chez nous, plutôt qu’à Paray ou ailleurs».
Lionel Duparay y alla alors d’un autre argument : «Les grandes surfaces ont tué les centre-ville». Et de lancer quant au projet : «C’est idiot, c’est ridicule», non sans avoir évoqué la notion de courage politique. Ce à quoi David Marti devait répondre : «On n’a pas de leçon à avoir sur le courage».
Charles Landre demanda alors la parole pour lancer : «Avant Paray, il y a Montchanin. On a peut-être l’exemple parfait. Vous dites que l’acteur politique répond aux groupes privés. On peut dire non et orienter les projets sur d’autres territoires. Ca tuera les commerces locaux les plus faibles. Nous défendons la vie des centre-ville».
Jean-Yves Vernochet, le Maire de Montchanin, monta alors au front pour rappeler que quand il y a de grandes compétitions sportives, «il n’y a pas assez de places d’hôtel». Et de préciser : «En 2008, le 1er qui est venu me demander pour s’installer au Pont Jeanne Rose, c’est McDo», tiens tiens, McDo… Forcément se pose la question de savoir si Monsieur Duparay n’a pas voulu défendre des intérêts très montcelliens.

Les intérêts des uns ne sont pas les intérêts des autres…

Car il se trouve en effet que juste à côté de la sortie du Bois du Verne sur la RCEA sont implantés deux Hôtels Ibis et un restaurant Courtepaille, qui est lui aussi un restaurant de viandes.
Et un tout petit peu plus loin, le McDo de Montceau qui, au contraire de celui du Creusot, n’est pas en centre-ville. Mais les deux ont le même propriétaire. Un propriétaire dont l’épouse se trouve être élue au conseil municipal de Montceau.
Alors forcément, si on veut avoir l’esprit très mal placé – mais pas forcément – on ne peut qu’être interpellé que par cette juxtaposition des éléments. Car finalement, qui a le plus à craindre de perdre, en Hôtellerie, des usagers circulant dans le sens Chalon – Paray le Monial ? Les deux Ibis de Montceau, sans doute moins que le Kyriad de Montchanin !
Et au niveau restauration, c’est kif kif bourricot… L’usager qui venant de Chalon, appréciant les chaines, et qui s’arrêtera au Restaurant La Boucherie, ce seront autant de parts de marché en moins pour le Courtepaille de Montceau et aussi le Buffalo et le McDo, mais aussi le McDo d’Autun, pour les usagers bifurquant en direction d’Autun… Etant entendu que le McDo d’Autun a le même propriétaire que celui du Creusot et d’Autun.
CQFD direz vous ?
On aimerait bien se tromper, mais on a comme le sentiment que la ficelle brandie par Lionel Duparay était un peu grosse. Et finalement derrière cet épisode fait de postures, se cachait un autre épisode de la guerre larvée entre Le Creusot et Montceau, les deux villes pôle de la Communauté Urbaine, sur le thème : «Je t’aime moi non plus !»
Surtout quand on sait que le Président David Marti a pris soin de préciser au sujet du dossier : «Nous l’avons fait en pleine concertation, avec d’autres commerces pas trop loin et la volonté de ne  pas mettre en difficultés Kyriad, Golf, Saint-Pierre. C’est ensemble que nous avons accepté le projet.
On manque d’hôtellerie pour des gens qui viennent travailler ici et qui restent quelques jours.  On travaille aussi sur les centre-villes».
Pour en terminer avec le sujet, les maires des communes rurales de la Communauté Urbaine, qui ont suivi les échanges avec le sourire, ont tous voté «pour», laissant la seule opposition de droite voter «contre». Avec, il est important de le souligner, pas un seul mot de Marie-Claude Jarrot, la Maire de Montceau.
Alain BOLLERY

Centre-ville et urbanisme commercial : agissons, demain il sera trop tard  !
Une nouvelle étape de la destruction méthodique des centres-ville à laquelle se livre la majorité communautaire par le biais d’une politique d’aménagement commercial totalement désordonnée a été franchie hier soir lors du conseil de la CUCM.
Était en effet présentée une délibération proposant l’installation conjointe à proximité du rond-point Jeanne Rose, à Montchanin, d’un hôtel du groupe «B and B » et d’un restaurant de la chaîne « La Boucherie ». La majorité communautaire justifie le lieu de cette implantation par « l’étude de rentabilité » effectuée par ces groupes privés (c’est bien le moins) et la trentaine d’emplois qui seraient créés ainsi que par la nécessité de capter la clientèle circulant sur la RCEA. Mais la capter au profit de qui ? Et au détriment de quoi ?
Tout ce qui détruit les centres-ville de France et particulièrement l’agglomération Creusotine est contenu dans cette délibération : la création d’une nouvelle zone hôtelière et de restauration hors des centres existants, qui fait suite à une zone commerciale nouvelle (le déplacement du magasin Lidl), l’absence de volonté d’un aménagement du territoire au service de la vie des communes et le manque d’imagination et de courage politique.
Car c’est le  manque de courage politique qui consiste à se réfugier systématiquement derrière des perspectives d’emplois pour ignorer que l’éclatement commercial ainsi provoqué fragilise nos tissus urbains. Choisir d’implanter ces commerces ici, c’est détourner une clientèle potentielle de Montchanin, des villages alentours ou de l’agglomération Creusotine. C’est aussi refuser la concurrence au sein des villes pour organiser la mort des centres et des zones existantes au profit d’espaces disséminés.
On sait depuis au moins 15 ans que la multiplication des zones commerciales et leur implantation en bordure de nationale ou d’autoroutes contribue à détruire les tissus urbains. On sait aussi ce qu’est la violence de la fracture territoriale subie par les villes moyennes et on peut choisir une autre voie que celle ci.
C’est le manque d’imagination et l’habitude qui font faire systématiquement le choix de ces zones anonymes loin des villes, duplicables à l’infini, ou passent et repassent des foules pas moins anonymes. Les régions, leurs spécificités, leurs richesses et leurs terroirs sont gommés au nom de l’uniformisation mortifère d’entrées de villes transformées en immenses champs publicitaires.
Et les élus qui prennent ces décisions ne procèdent même pas aux aménagements minimums au service de ces implantations. Les clients de l’Hôtel Kyriad situé à proximité de la gare TGV ne disposent ainsi même pas d’un accès piétonnier praticable jusqu’à la gare.
Lorsque des élus qui président aux destinées d’un territoire depuis plus de 40 ans estiment défendre ainsi le commerce local et la vie des coeurs de ville ils font preuve d’un aveuglement insensé. Il ne suffit pas de demander aux habitants de consommer dans les commerces locaux. Encore faut-il un urbanisme commercial au service du dynamisme des acteurs locaux et l’idée d’une esthétique de la ville (absente de tous les discours de la majorité). Oui l’aménagement urbain et les implantations ne peuvent pas se faire à n’importe quel coût !
Comme on détourna hier des lits des rivières, les élus détournent les flux de voyageurs. Ils préfèrent les voir s’arrêter à l’orée standardisée des villes, le long des nationales, que leur faire voir ce que nous sommes. Il y a dans ces postures une forme de mépris vis-à-vis de tous ceux qui se battent pour faire vivre le cœur de nos villes et de nos villages.
Sortons de cette passivité et menons le travail nécessaire pour organiser les mêmes implantations en centre ville, y compris dans des bâtiments existants, et pour créer non pas des flux dispersés, mais susciter au contraire le passage par la ville et la découverte de celle ci.
Aimer sa ville et sa région, c’est en défendre les spécificités et les beautés et savoir faire preuve d’audace et de courage. Courage de rompre avec 40 ans d’aménagements déstructurants et audace d’assumer l’implantation de commerces au coeur de nos communes.
C’est pourquoi j’ai voté contre l’implantation sur ce terrain lors du Conseil communautaire au nom du groupe. Cessons de fragiliser ceux qui se battent pour faire vivre nos villes.
Nous sommes une région artisanale, industrielle et agricole qui a tant à offrir au voyageur de passage. Soyons en fiers. Offrons lui d’entrer dans nos villes et nos villages, montrons lui ce que nous sommes. Cela nécessite que ceux qui souhaitent y implanter des activités nouvelles s’adaptent à notre territoire. Pas l’inverse.

Charles Landre