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Dans une interview à creusot-infos, la 1ère adjointe au Maire du Creusot, en charge des travaux, précise les choses au sujet du vaste chantier du pont de la gare.
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RENTREE POLITIQUE : Jérôme Durain, sénateur de Saône-et-Loire

14/09/2017 03:18Lu 2336 foisImprimer l’article
Dans une interview à creusot-infos, le chef du groupe PS au conseil régional et sénateur socialiste, évoque la crise de la gauche, la crise du PS. Il répond aussi aux critiques de la droite et du centre.«Il faut réconcilier la famille en étant clairement à gauche»
«Emmanuel Macron c’est l’ISF contre les APL»
Lycée, TER… «A la région on travaille et cela se voit»
De qui vous sentez-vous le plus proche en cette rentrée ? Des Marcheurs, de Benoît Hamon, de la direction collégiale du PS, des frondeurs tendance Montebourg, ou bien des Insoumis ?
JERÔME DURAIN : «On ne peut pas être fidèle à une direction collégiale, car il n’y a pas de ligne. La famille socialiste est divisée, faible. On a perdu les élections parce qu’on était divisé et qu’on s’engueulait… Il faut réconcilier la famille en étant clairement à gauche. C’est ce que le congrès devra définir».

Vous comprenez Benoît Hamon, que vous avez soutenu ?
«Moi je reste fidèle au Parti Socialiste. Quand on a perdu comme il a perdu, ce n’est pas la faute des autres. Quand on se dit socialiste, les combats on les mène à l’intérieur du parti…»

Attendez-vous encore Arnaud Montebourg ?
«Il ne revendique rien. Il est venu à Frangy mais en simple militant. Il ne va pas s’occuper du congrès. Respectons ses choix…»

Vous vous sentez orphelin aujourd’hui ?
«Non ! J’ai un vrai attachement aux combats qu’Arnaud Montebourg a portés et dont on mesure aujourd’hui qu’ils étaient bons. Je pense, par exemple, au «made in France», à la souveraineté économique de la France dans la mondialisation. Tout cela est encore d’actualité et tout cela c’est Arnaud».

Pouvez-vous citer trois choses positives d’Emmanuel Macron ?
«Oui. Il a redonné une bonne image de la France à l’international. Il réaffirme son attachement à l’idée européenne. Il a fait naitre l’espoir d’un renouvellement, mais on peut le retourner et le mettre dans les moins».

Trois déceptions alors…
«Un espoir en parti déçu, parce que les gens attendaient je pense quelque chose de plus moderne. Mais c’est Bercy qui a pris le pouvoir et on a un gouvernement très techno.
En second lieu, je pense que le Président de la République ne voit pas qu’il y a une France en dehors des métropoles et cela tout le monde l’a vu avec le vote FN.
Troisièmement, il travaille très clairement pour une clientèle politique, que l’on peut appeler les bienheureux de la mondialisation. Mais il y a dans notre pays des gens qui travaillent, modestes, qui ont besoin que l’on s’occupe d’eux. En fait, Emmanuel Macron, c’est l’ISF contre les APL».

C’est si grave que cela une baisse de 5 euros des APL ?
«Non, mais on ne peut pas redonner 4 milliards d’ISF et mégoter pour 5 euros. Car c’est là une vision très libérale. Ce sont des cadeaux jamais suivis d’effets. Pour moi, être progressiste, c’est œuvrer pour que chacun s’en sorte.
Le Macronisme a en fait engendré une grande déception. Le Président et les Ministres ne peuvent pas passer leur temps à invectiver les gens qui ne sont pas d’accord avec eux».

Jean-Luc Mélenchon est-il dans le bon tempo, ou va-t-il trop loin ?
«Le handicap pour Mélenchon c’est la faiblesse du débat qui est globalement absent des débats, même si certains Députés comme Boris Vallaud s’évertuent à porter la parole socialiste.
En fait Monsieur Mélenchon est résolument radical, alors qu’il faudrait une gauche plus centrale. Et c’est pour moi une mauvaise nouvelle de voir que pour le moment il n’y a pas de force d’alternance crédible. Pour le moment c’est la droite qui est deuxième et le PS est troisième».

Que prônez-vous d’ici les européennes de 2019 et les municipales de 2020 ou 2021 ?
«Nous avons besoin de redéfinir un projet européen, progressiste, social et clair. Ni un Mélenchonisme light, ni un libéralisme façon Valls. Entre les deux, il y a une place pour un PS. Actuellement, cet espace est occupé par Macron et par l’absentéisme, car n’oublions pas que l’abstention a été très forte».

La droite et le centre avec François Sauvadet ont attaqué très fort la majorité régionale dirigée par Marie-Guite Dufay. Vous êtes le chef de file du groupe socialiste à la Région. Que répondez vous ?
«Monsieur Sauvadet répète toujours la même chose depuis des mois. Nous on travaille et cela se voit. Ce ne sont pas des paroles.
Dans les lycées, on a fait une très bonne rentrée. La nouvelle tarification des TER initiée et voulue par le Conseil Régional est très bien accueillie. On a maintenant une nouvelle grille de tarifs qui répond au besoin de simplification et de clarification. En fait, là où o pêche, c’est qu’on ne communique pas encore assez bien».

La droite et le centre dénoncent votre passivité sur la question agricole…
«C’est de la caricature, de la désinformation. L’agriculture c’est une profonde inquiétude pour la majorité régionale, mais avec des actions concrètes. Les professionnels de l’agriculture nous félicitent pour les audits d’exploitations que nous avons lancés ? Ca c’est du concret.
Quand nous travaillons sur les circuits courts, on va dans le concret.
C’est vrai qu’il y a un problème économique et de mondialisation. Et il faut faire attention aux mots, aux déclarations. La question de la condition animale, portée par des associations très dures, fait du mal à nos éleveurs.
Et pourtant, il faut que nos soyons fiers de nos productions ici en Bourgogne – Franche-Comté. Il faut être fier et pouvoir les consommer. Il faut que cette fierté soit revendiquée»

Comment traduire cette fierté ?
« Nous sommes un département, la Saône-et-Loire et une Région, la Bourgogne – Franche-Comté, qui ont la chance d’avoir ce que l’on peut appeler un eldorado vert, avec des produits hyper-qualitatifs. Il faut un discours sur l’aménagement du territoire. Il faut notre territoire soit accessible et connecté. Nous avons des atouts qui ont une réputation mondiale. Nos vins, la race charolaise, la race montbéliarde, le comté… Leur qualité est mondialement reconnue. Soyons en conscients».
Recueilli par Alain BOLLERY