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Vice-président du Conseil Régional en charge de l’économie, Jean-Claude Lagrange parle exportation, santé économique et enjeux de formations, dans une interview à creusot-infos.
Dans une interview à creusot-infos, la 1ère adjointe au Maire du Creusot, en charge des travaux, précise les choses au sujet du vaste chantier du pont de la gare.
Se déclarant «blessée» par les «attaques personnelles» qui l’ont visée, Marie-Guite Dufay répond à l’opposition. Notamment sur l’agriculture et les actions de la Bourgogne – Franche-Comté. Elle parle aussi apprentissage, lycées, tourisme…
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RENTREE POLITIQUE : Interview de Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional Bourgogne – Franche-Comté

02/10/2017 03:18Lu 2218 foisImprimer l’article
Se déclarant «blessée» par les «attaques personnelles» qui l’ont visée, Marie-Guite Dufay répond à l’opposition. Notamment sur l’agriculture et les actions de la Bourgogne – Franche-Comté. Elle parle aussi apprentissage, lycées, tourisme…
Comment avez-vous vécu les attaques des élus du groupe de la droite et du centre qui vous ont directement visée ?
Marie-Guite DUFAY : «J’ai été choquée et blessée par les attaques personnelles. Je fais par exemple référence au livre noir fait par la minorité avec des attaques féroces et personnelles de Monsieur Sauvadet, me présentant comme une présidente inapte qui ne sait pas où elle va… A-t-il si peu de choses à dire pour m’attaquer ainsi ? On a besoin d’une minorité, d’une opposition. Mais il faut s’affronter sur le fond, par sur les personnes.
Bien malheureusement, c’est une sorte de fond de commerce chez Monsieur Sauvadet. Il a passé la première année à dire que l’on ne travaillait pas. Il continue cette année en parlant des transports et de l’agriculture».
 
L’opposition parle justement de votre passivité sur la question agricole…
«C’est faux. L’agriculture est une grande cause et je ne l’ai pas décrété pour me faire plaisir. Le budget de l’agriculture est le seul qui a doublé au niveau de son fonctionnement. Près de 5 millions supplémentaires et on l’a fait en un an».
 
Avec quels objectifs ?
«Nous avons lancé des audits en reprenant les aides qui étaient gérées par les départements. Mais l’intervention de la Région, c’est aussi de l’argent pour les installations des agriculteurs.
Ma deuxième réponse, c’est que l’agriculture c’est à la fois de grandes ressources et de grandes épreuves. C’est un sujet qu’il faut prendre très au sérieux et il faut se donner les moyens d’aller au fond des choses.
Avec une règle : Qu’est-ce qu’on fait pour qu’une exploitation en difficultés puisse s’en sortir. Cela alors même que la crise des prix ne dépend pas de nous.
Il faut de la valeur ajoutée, qu’elle soit qualitative, par la diversification ou par le bio».
 
En quoi les audits que vous prônez sont importants ?
«C’est central si l’on veut avoir des plans d’action. A Orléans, j’ai croisé la Présidente de la FNSEA et elle m’a dit, au risque de chagriner Monsieur Sauvadet, que ces audits c’est une bonne solution. Ils ne sont pas qu’un coup. Je pense très sincèrement qu’il faudra les poursuivre, les inscrire dans la durée. La profession a besoin d’audits d’exploitations, mais aussi d’audits de filières, qu’elles soient bovine, céréalière ou laitière. C’est en ce sens que nous avons bâti le contrat que nous allons bientôt détailler».
 
C’est-à-dire ?
«Il s’agira d’un programme régional pour le développement de l’agriculture. Nous l’avions repoussé, parce qu’il s’appuie sur les résultats des audits de filières. Le programme vise à réduire les difficultés là où peut. Il vise aussi à favoriser et développer la recherche, l’innovation, l’organisation et la structuration de marchés locaux».

Justement, comment pouvez-vous peser au niveau des Lycées, alors même que les gestionnaires ont toute latitude pour acheter ce qu’ils veulent pour les cantines…
«A l’échelle de la Bourgogne – Franche-Comté, nous avons 130 lycées. 20 sont déjà rentrés dans le «50% de produits locaux» et sur ce total, moi je veux que l’on aille vers «20% de produits bio».
C’est une bataille à poursuivre. Mais il faut aussi que l’offre puisse satisfaire la demande. Avec le Recteur nous avons écrit aux gestionnaires pour leur dire que nous souhaitons qu’ils s’inscrivent dans le «50% de produits locaux».

Et s’ils ne veulent pas ?
«Nous allons instaurer un bonus/malus à partir de l’année prochaine. On va le mettre au budget 2018. Il faut une politique incitative. Tout cela va dans le bon sens pour l’agriculture. Je résume. Les audits conduisent à un plan d’actions et le manger local se développe avec en prime de la recherche et de l’innovation».

Un des grands enjeux c’est la formation et l’apprentissage. Comment pouvez-vous peser ?
«Nous sommes la Région qui a le plus grand nombre d’apprentis. Ils sont 18.600 et nous avons un objectif de 20.000. La Région met 15 millions d’euros dans l’apprentissage. Mais il y a une difficulté, c’est celle de l’orientation. Et ce n’est pas un problème propre à notre région. Et pourtant, l’apprentissage est une vraie voie pour l’insertion professionnelle et sociale, pour les personnes de niveau 5, c’est-à-dire de CAP. En fait, il faut redorer le blason des métiers et des filières. C’est un chantier prioritaire, lancé par le Président de la République. Il faut redonner le goût des métiers, et réapprendre aux parents que ce sont des formations avec des débouchés. Mais il faut aussi veiller à la concurrence entre l’enseignement de l’Education Nationale et l’apprentissage. A mon sens, il faut ouvrir davantage le lycée à l’apprentissage.
Et parce que les entreprises ne trouvent pas les compétences dont elles ont besoin, j’ai décidé d’organiser des animations, avec l’Etat. La Région a été découpée en dix zones avec des réunions qui vont être organisée (1)».

Où en êtes-vous dans la sécurisation des Lycées face aux menaces terroristes ?
«Nous avons un  plan. Les lycées ont été équipés en fonction de leur profil et de leurs besoins. En fait, il faut un peu faire de la dentelle, car chaque lycée à des problématiques spécifiques. A Sens, dans l’Yonne, par exemple, on va installer des enrochements».

Quels sont vos objectifs pour les transports scolaires ?
«L’opposition nous attaque, car des départements ne voulaient pas du transfert de la compétence transport aux régions, voulu par la loi. Déjà cela fait seulement un mois, depuis le 1er septembre, que nous avons la compétence. Ensuite, je me suis engagée à ce qu’ils soient gratuits. Il n’y a pas eu de changements de décidés pour la rentrée, avec hors Territoire de Belfort, la gratuité dans cinq des sept départements.
Pour moi, la vraie question c’est : Quels services rend-on à la population. Des parents demandent des accompagnateurs dans les cars de ramassage scolaire. Nous allons entamer une concertation. Que vaut-il mieux ? La gratuité mais sans accompagnateurs ? Ou bien faut-il des accompagnateurs pour plus de sécurité dans les cars, et auquel cas la Région ne peut pas tout payer… C’est une une question qu’il faudra trancher»

Le conseil départemental de Saône-et-Loire a décidé de financer l’installation de panneaux touristiques sur les autoroutes. La Région n’aurait-elle pas dû être pilote pour éviter les guerres, comme en Côte-d’Or ?
«Nous avons un accord et je constate qu’APRR n’a encore pas positionné les panneaux de la Bourgogne – Franche-Comté. Il faut que clairement que l’on voit que l’on arrive dans une région identifiée. Car le tourisme c’est un enjeu énorme».

Qu’en attendez-vous ?
«Le tourisme c’est une grosse ambition. On va être une grande destination pour les Chinois car nous avons un des plus grands nombres de labels UNESCO. Malheureusement l’hébergement n’est pas toujours à la hauteur. Il faut donc mener un travail fédérateur. Mais on manque d’initiatives privées».
Recueilli par Alain BOLLERY

(1) Dix rencontres Formation / Emploi
6 Novembre : Besançon
10 novembre : Nevers
14 novembre : Vesoul
15 novembre : Belfort
20 novembre : Auxerre
27 novembre : Pontarlier
30 novembre : Macon
6 décembre : Avallon
7 décembre : Le Creusot
12 décembre : Dijon