vendredi 19 octobre 2018

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Édito
En annonçant qu’elle ne s’interdisait rien du tout pour 2021, Marie-Guite Dufay a envoyé un message plus que subliminal aux prétendants…
Questions à...
Le directeur de l’Hôtel-Dieu du Creusot fait le point dans une longue interview. Il répond aux syndicats qui ont manifesté, fait le point sur le fonctionnement de l’établissement, dont l’activité se développe.
«Pour toutes nos équipes, il n’y aura jamais assez de patients».
«En Saône-et-Loire, les plus grandes difficultés ne se concentrent pas au Creusot»
«1,2 million d'euros d'investissements sont engagés»
Après le match perdu contre Villeurbanne et après les 5 premiers matchs, Dominique Juillot dresse un premier bilan dans une longue interview.
Dans une longue interview à creusot-infos, Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional de Bourgogne - Franche-Comté, se livre sur de nombreux sujets, y compris celui des prochaines élections régionales en 2021 !
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Marie-Guite Dufay : «Je ne m’interdis pas de me représenter en 2021»

11/10/2018 03:17Lu 2558 foisImprimer l’article
Dans une longue interview à creusot-infos, Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional de Bourgogne - Franche-Comté, se livre sur de nombreux sujets, y compris celui des prochaines élections régionales en 2021 !Sécheresse : «Pas matière à polémiquer». Très haut débit : «Nous avons 170 millions d’euros qui dorment»
Economie : «Le problème c'est de trouver des employés». TER et SNCF : «Ce qui est important, c’est que les trains arrivent à l’heure».
Ecologie : «Nous avons une responsabilité écrasante face au réchauffement climatique». Majorité régionale : «Je n'ai pas peur».
Européennes : «Attention aux politiques ultra-libérales qui ont fait le lit des nationalistes».
En visite au Creusot pour présenter, aux côtés de David Marti, président de la Communauté Urbaine, le contrat de développement métropolitain, Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté s’est livrée dans une longue interview à creusot-infos.
Une interview sans langue de bois où, fidèle à son habitude, elle dit les choses, dresse des bilans, traces des perspectives, souligne ce qui lui tient à cœur. De toute évidence, Marie-Guite Dufay se plait dans l’action régionale. Au point - et c'est une information exclusive -, de ne pas écarter l’idée d’être à nouveau candidate en 2021 pour un nouveau mandat à la tête de la Région. Très clairement, le message est clair à ceux qui en douteraient : Marie-Guite Dufay ne compte pas lâcher les brides de la région comme ça...
A.B.

Au mois de juin, il vous avait été reproché de donner la priorité à Dijon et à sa Métropole. Où en êtes vous aujourd’hui dans la contractualisation avec les grandes agglomérations du territoire ?
«Je l’avais dit. Dijon était le premier et les autres suivraient. C’est engagé pour la Communauté Urbaine Le Creusot – Montceau et pour Besançon. Ca le sera très vite pour Belfort – Montbéliard.
Je rappelle quand même qu’il a d’abord fallu assumer la fusion de deux régions. Nous avons passé beaucoup de temps à la concertation, notamment sur les dossiers forts que sont l’économie, la transition environnementale. Je n’entends pas des récriminations.
Au Creusot, dans la Communauté Urbaine, il y avait un appui constant de la Région, mais on n’avait pas de contrat pluriannuel. Ca va être chose faite, comme à Dijon, comme à Besançon et comme dans le bassin de Belfort-Montbéliard. Le fil rouge de ces contrats c’est l’Université».

L’Université est pourtant présente à Chalon-sur-Saône…
«Oui mais à Chalon il n’y a pas de laboratoire de recherche. Mais le Grand Chalon n’a pas à se plaindre de la Région…»

Le Président du Conseil Départemental de Saône-et-Loire a déclaré que vous n’alliez pas assez vite face à la situation des agriculteurs confrontés à la sécheresse. Quel est le plan de la Région ?
«Soyons précis. J’ai pris conscience en août du caractère dramatique de la sécheresse. J’ai appelé les collectivités et donc les départements, pour que l’on soit tous ensemble, mais surtout pour être efficaces.
Il faut savoir que le cadre réglementaire est très bordé, très strict. On ne peut pas, comme cela, amener des aides aux agriculteurs, aides qu’ils devraient un jour rembourser si l’Europe l’exigeait.
Tant que l’Etat n’a pas demandé à l’Europe, les exploitants ne peuvent pas recevoir plus de 15.000 euros. Et les départements ne peuvent pas intervenir directement, à cause de la loi Notre.
Nous avons trouvé une parade au titre de la solidarité. Mais il fallait déjà savoir ce que l’Etat allait faire. La réponse de l’Etat est arrivée fin septembre, avec un dégrèvement sur la taxe sur le foncier non bâti. C’est important. Pour la Haute-Saône, cela représente 1,6 million d’euros. Ce n’est pas rien. J’ai provoqué une réunion le 4 octobre. La Saône-et-Loire est le seul département à ne pas avoir envoyé un élu. Elle était représentée par un technicien.
Il n’y a pas matière à polémiquer. Il y a un souhait partagé de solidarité, et une question : Comment faire ? Il nous a été demandé de trouver un cadre sécurisé. On va le proposer».

Quel sera-t-il ?
«J’en réserve la primeur aux élus de nos territoires. Je proposerai un plan global vendredi».

Les automnes 2016 et 2017 avaient été marqués par des sessions décentralisées à Nevers et à Montbéliard. Vous avez abandonné ce principe ?
«Non, non. J’ai toujours la volonté d’organiser des sessions ailleurs qu'à Dijon. La prochaine on la fera plutôt au printemps. Sans doute à Auxerre, mais ce n’est pas défini».

Pouvez vous faire un point sur le très haut débit ? Entre Région, départements et intercommunalités, les citoyens ont le sentiment de beaucoup entendre parler et de rester dans le flou.
«Il faut d’abord rappeler que l’Etat a laissé les zones denses aux opérateurs privés. Dans notre région, hors les grandes villes, ce sont les départements qui s’occupent de déployer le très haut débit. On les accompagne à hauteur de 170 millions d’euros. On accompagne les départements sur des travaux qui, aujourd’hui, ont pris du retard. Le seul département qui est au rendez-vous, c’est le Doubs. Les autres se heurtent à des obstacles. Je peux entendre qu’il y a des problèmes de fibre optiques. La vérité c’est qu’il y a des départements qui arrivent. Nous sommes la Région la plus en retard. Nous avons 170 millions d’euros qui dorment»

Quelle est la santé de l’économie bourguignonne ?
«Le grand salon de l’Industrie, qui a eu lieu à Besançon, fin septembre, a été un vrai succès. Le problème pour les entreprises de notre territoire ce n’est pas le carnet de commandes, c’est de trouver des employés. Majoritairement les industriels ont des carnets de commandes qui sont pleins. Malheureusement les emplois ne sont pas au rendez-vous. Nous sommes pourtant mobilisés sur la formation, sur l’apprentissage.
Cela-dit, nous sommes dans une région qui avec la métallurgie ou l’automobile crée moins d’emplois que les industries numériques ou technologiques. Dans la métallurgie comme dans l’automobile, ça se robotise. On ne connaît plus les embauches massives».

Que prônez vous ?
«Il nous faut aider au recrutement. Accompagner les entreprises qui ont besoin d’innovation. Avec les fonds européens, ceux de la région, on peut travailleur sur l’innovation. Il faut aussi aider les entreprises à exporter».

Sylvain Mathieu a lancé l’idée d’un fromage à pâte cuite qui serait au Morvan ce que le Comté est au Jura. Il avance que ce serait salutaire pour les éleveurs. Comment la Région pourrait elle les aider ?
«La Région a toujours accompagné les producteurs. Sur la qualité des produits, mais surtout sur l’organisation des filières. Dans le Jura ils sont parfaitement organisés pour le Comté, avec des producteurs, des transformeurs et des affineurs. Pour ce qui concerne le Morvan, c’est le Parc qui est à la manœuvre. On est à ses côtés. Nous sommes clairement pour des organisations de filières»

Les TER remportent du succès avec plus de fréquentation. Pensez-vous qu’il est possible d’aller plus loin, comme par exemple avec la diminution du temps de parcours entre Nevers et Dijon ?
«C’est le résultat de la convention SNCF avec une offre ferroviaire renforcée. Ce qui est important, c’est que les trains arrivent à l’heure. Le combat à mener ne doit pas être le maintien des guichets dans les gares, mais la qualité de l’offre. Il faut bâtir un autre modèle. Continuer d’avoir du service, certes. Mais surtout que la SNCF soit forte sur des trains nombreux et à l’heure. On veut bien construire avec les collectivités, mais je le dis sans ambiguïté : Le guichet en gare est un combat du passé»

Quels sont les enjeux qui vous tiennent à cœur d’ici la fin de mandat ?
«Ils sont dans trois domaines : Le développement économique ; La transition écologique ; La fraternité et la solidarité. Nous avons été élus sur un programme de 110 propositions. Elles sont presque toutes engagées…»

Y compris pour la gratuité des transports ?
«C’est un dossier qui sera réglé dans un mois, à la session de novembre».

Les familles auront-elles à payer des frais de dossier ?
«J’ai pris un engagement devant la population, je veux le tenir. Mais j’ai d’autres choses qui me tiennent à cœur…»

Lesquelles ?
«Renforcer ce qui peut améliorer le pouvoir d’achat. On l’a fait avec la baisse des prix des voyages en TER. Je pense qu’on peut aller plus loin dans la tarification sociale dans les lycées.
Et puis, nous avons une responsabilité écrasante face au réchauffement climatique. En ce sens, je souhaite mettre en place l’éco-conditionnalité, avec de vraies exigences. On pourrait ainsi dire non à certains projets, s’ils ne sont pas conformes à ce que l’on veut pour la planète».

Et concernant les solidarités ?
«Nous avons une obligation d’aider les territoires en dés errance. Plus en Bourgogne d’ailleurs qu’en Franche-Comté. Il faut savoir susciter des projets sur certains territoires. Certains ont des forces qu’il faut activer en mettant des moyens. On ne peut pas aider la Nièvre comme le Jura. On ne peut pas faire partout pareil».

Il se murmure que votre dernier séminaire a montré des divergences de vue dans votre majorité. Avez vous peur qu’elle se lézarde ?
«J’ai une majorité qui est fragile, puisque nous sommes 51 élus. Mais je n’ai pas peur. Nous avons des engagements de campagne qui sont notre terreau. C’est vrai que la gauche est fragmentée, avec des gens proches des Insoumis, d’En Marche, du Centre, de la gauche radicale. Mais nous avons des valeurs de gauche que l’on partage. La raison doit l’emporter.
Et puis, vous savez, en Franche-Comté j’avais deux groupes. Un socialiste, un vert. Là je ne crois pas en l’émergence d’un deuxième groupe».

Serez-vous candidate à un autre mandat à la Présidence de la Bourgogne – Franche-Comté en 2021 ?
«Ce n’est pas la question aujourd’hui car je suis, avec les élus de la majorité, dans l’action. Mais je ne m’interdis rien. Je ne m’interdis pas de me représenter en 2021».

Avant, il y aura les élections européennes. Qu’en attendez-vous ?
«Je suis pour l’Europe. Elle est aujourd’hui fragilisée. Il y a d’un côté la monté des nationalismes et de l’autre côté ceux qui poussent à une Europe trop libérale.
Je suis frappée d’entendre des discours économiques anti-européens, de la part de chefs d’entreprises qui subissent des distorsions de concurrence. Il ne faut pas laisser se développer les anti-Europe. On a tous besoin d’une Europe qui protège. Attention aux discours et aux politiques ultra-libérales qui ont fait le lit des nationalistes».
Recueilli par Alain BOLLERY