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Jérôme Durain : «Je suis en colère, car j’ai un sentiment de gâchis, à cause d’une mauvaise organisation»

21/11/2017 03:18Lu 5261 foisImprimer l’article
Dans une interview, le Président du groupe PS au Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, monte en 1ère ligne après la pitoyable session de vendredi, qui a vu les élus de droite, du centre et du FN quitter l’hémicycle.«Nous avons des sessions médiocres»
«Un argument déplacé de François Sauvadet»
Patrick Molinoz, Nisrine Zaïbi : «Leur vote est inadmissible quand on fait partie d’une majorité»
«Notre majorité va rebondir»


Vendredi à Montbéliard, il a joué les pompiers pour sa majorité ébranlée par les départs, en pleine assemblée, des élus de la Droite et du Centre, mais aussi des élus du Front National.
72 heures après, Jérôme Durain est à nouveau monté en 1ère ligne dans une interview à creusot-infos.
Courageusement et sans langue de bois, qui à secouer ses amis, le chef du groupe PS revient sur l’épisode, l’analyse et veut croire en des jours meilleurs, en insistant sur l’organisation et sur la communication.

Après le temps de la réflexion et de l’analyse, que vous inspire le clash de la session de vendredi à Montbéliard ?
«Comme beaucoup d’élus de la majorité, j’ai été sonné, car on a donné un spectacle désolant. Je suis en colère, car j’ai un sentiment de gâchis à cause d’une mauvaise organisation. Oui je suis très en colère depuis vendredi…»

Contre qui ?
«Je vais remonter à 2015 pour rappeler que nous avons été élus contre le Front National, parce que nous gens de gauche, nous nous sommes toujours opposés au Front National. Alors que les événements de vendredi conduisent les élus de droite et du centre à dire qu’on a voté avec le Patriotes, ex-Front National, est un procès qui n’est pas acceptable».

La responsabilité de la gauche a pourtant été très clairement pointée du doigt par Monsieur Sauvadet…
«C’est un argument déplacé de la part Monsieur Sauvadet et des élus de la droite et du centre. On ne leur a pas dit «vous votez comme Monsieur Odoul et le FN» et c’est pourtant ce qui s’est passé. Alors oui, tout cela me met en colère parce que notre majorité fait du bon boulot, une bonne politique, avec une équipe vaillante. Malheureusement, nous avons des sessions médiocres qui viennent effacer tout ça, semer la confusion. C’est sans doute parce qu’on fait preuve d’un manque d’autorité mais aussi d’un vrai manque d’organisation».

Comment qualifiez-vous l’abstention du vice-président PRG Patrick Molinoz et de votre collègue socialiste Nisrine Zaïbi, qui était sur votre liste, sur le vote du pacte social ?
«Dès la pause de midi nous nous sommes expliqués. Les choses ont été dites. Nous avons crevé l’abcès. Patrick Molinoz et Nisrine Zaïbi sont de gauche et attachés à la question sociale. Je les comprends, mais leur vote n’est pas admissible quand on fait partie d’une majorité».

Comment l’expliquez-vous alors ?
«Ils sont soucieux du sort des agents. C’est vrai que nous avons tous été surpris de la mobilisation syndicale. Et devant cela, nous n’avons pas fait assez de communication interne entre élus, mais aussi vis à vis des agents. Pour décoder, c’est finalement un bon accord, mais il a été mal vendu».

Pourquoi le vote de Patrick Molinoz et Nisrine Zaibi n’est-il pas admissible ?
«Je pense que par son vote, Nisrine Zaïbi n’a évidemment pas vu qu’elle allait mettre en selle Sophie Montel qui en a évidemment joué. Et François Sauvadet et ses amis s’en sont servi… Mais nous devons aussi mieux maîtriser le sujet de la communication».

Michel Neugnot a-t-il eu raison de dire que les agents peuvent attaquer au Tribunal ?
«Nous aurions été bien meilleurs si on leur avait parlé, si on leur avait expliqué clairement le choses. Car c’est sûr que voir les agents, nos agents de la région, mettre le feu devant le siège de la communauté d’agglomération de Montbéliard où on se réunissait, il est certain que ça fait mal. Et c’est la démonstration qu’on s’est mal pris. Quand on parle avec les syndicats, beaucoup nous ont dit ou laissé entendre que c’était plutôt bon sur le fond, mais qu’il y avait un gros problème sur la forme. Quand on dirige une Région faire son boulot c’est bien, mais cela ne suffit pas. Il faut très clairement hausser le niveau de la communication. Interne et externe».

Après ce triste épisode de Montbéliard, votre majorité, dont vous êtes le chef de groupe, peut-elle rebondir ?
«Oui elle va rebondir car elle est pleine de ressources, notamment avec de jeunes élus qui font leur preuve par leur implication et à la Région et sur le terrain. Je mesure l’énergie déployée par chacune et chacun. Il faut faire monter encore plus les jeunes en première ligne».
Recueilli par Alain BOLLERY

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