mercredi 22 mai 2019
Édito
Les faits très graves qui se sont produits lundi matin, ont révélé autant le manque de respect et de politesse, que cette violence qui n’en finit plus de s’incruster dans les têtes, dans les esprits et donc bien malheureusement dans les actes.
Questions à...
Le vice-président de la Région Bourgogne – Franche-Comté, en charge des lycées est catégorique : «On sait s’adapter, on sait être réactif et on peut voter un financement exceptionnel»
Elu lundi après-midi nouveau Président de la Chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire, Bernard Lacour entend mener une présidence de combat. Pour défendre l’agriculture «contre les attaques menées par des minorités». C'est ce qu'il affirme dans une longue interview qu'il a accordée à creusot-infos.
«88% de la société française apprécie notre agriculture et ses agriculteurs et on entend que les minorités»
«L’agriculture française c’est la qualité et la traçabilité»
«L'engagement du conseil départemental a été vital»
«Dans la Communauté Le Creusot - Montceau, on va franchir un cap dans la gestion de l’eau».
Dans une longue interview à creusot-infos, le Député européen sortant, 3ème sur la liste «Les Républicains», n’est pas tendre avec le Président de la République.
«Ce Président est très tacticien et très habile»
«Le grand débat c’est quand même un aveu d’échec».
Alstom, Nadine Morano, Rachida Dati, référendum, immigration, l’élu bressan n’élude aucun sujet.
Écouter, lire, voir
> BOURGOGNE - FRANCHE-COMTE > Bourgogne - Franche-Comté

Interview posthume : Paul Bocuse avait choisi un journaliste saône-et-loirien pour ses dernières confidences

26/01/2018 03:15Lu 3379 foisImprimer l’article
Thibaut Danancher, journaliste au Point, a réalisé la dernière interview du Monument de la cuisine française. Avec un grand C et un grand F.
Le journaliste s’est confié à creusot-infos sur les conditions de cette interview testament de légende.
Paul Bocuse restera à jamais comme la légende de la cuisine étoilée à la Française. Il s’est éteint, mais avant son dernier souffle, Monsieur Paul a souhaité réaliser une interview testament. Et c’est à Thibaut Danancher qu’il a confié ses dernières confidences, avec «la promesse que cette dernière interview soit publiée après ma mort», explique Thibaut Danancher, interrogé par creusot-infos.
Quand on est journaliste gastronomique, on rencontre et on interview forcément les stars de la cuisine. Forcément ce sont de grands moments. Mais Thibaut Danancher était sans doute loin de penser, au début de sa jeune carrière, qu’il serait un jour le premier journaliste à réaliser une interview posthume d’un chef étoilé. Et sans doute encore moins que ce serait l’interview du chef 3 étoiles le plus connu au monde. Celui qui a le plus contribué à faire rayonner Lyon dans le monde.
«C’était le vendredi 13 mars 2013. Oui un vendredi 13», témoigne Thibaut Danancher. Son jour de chance en quelque sorte. «J’avais entamé une série d’interview de la cuisine française». Paul Bocuse venait rejoindre d’autres stars, comme Guy Savoy, Alain Ducasse…
«A la fin de l’interview, un peu pour rigoler, je lui ai demandé «et si c’était votre dernier jour sur terre ? Là il n’a pas répondu. Et puis il m’a lancé : «Et si on faisait une interview posthume. Ca restera entre nous. Mais, hein, il ne faut pas la faire paraître avant ma mort».
Ce vendredi 13 mars 2013, Thibaut Danancher, qui a grandi à Montceau les Mines, qui a fait quelques CDD au JSL, avant de passer 4 ans au Figaro et de rejoindre le magazine Le Point, a donc débuté une interview de légende qu’il faut lire, pour la sensibilité qui l’habite.
Mais quoi de plus normal finalement que cet échange d’un chef étoilé qui aurait pu très largement être le grand-père du journaliste.
«Cette interview on l’a poursuivie au fil des rencontres». Comme un fil rouge. Et forcément l’entretien posthume s’est enrichi. «Chaque fois qu’on se voyait, j’ajoutais deux ou trois questions. Dans les réponses de Monsieur Paul Bocuse, rien ne m’a surpris, si ce n’est qu’il a toujours eu un esprit vif et une répartie exceptionnelle».
Paul Bocuse était un monument. Mais il était conscient que les pages de sa vie se faisaient de moins en moins nombreuses. «Un jour il m’a dit «Quand je conduis l’autobus de ma vie et que je me retourne, beaucoup de copains sont déjà descendus», souligne Thibaut Danancher.
Il retient aussi l’expression favorite du chef étoilé : «Il disait très très souvent «C’est formidable». Formidable comme sa cuisine avec de la crème, du beurre, du vin, des os, des arrêtes. «Une cuisine généreuse».
A l’inverse de ce qu’il avait vécu au début de sa vie. Paul Bocuse, né après la 1ère guerre mondiale, avait souffert du manque de nourriture. «Il expliquait qu’il ne laissait jamais une miette et que celles-ci étaient finalement trop rares».
Thibaut Danancher se souvient encore de son bonheur quotidien : «Il n’était jamais si heureux que d’aller en salle, parler, faire des photos souvenir. Et puis il aimait dire à ses clients : «Merci vous reviendrez bientôt».
La dernière fois que le chef et le journaliste se sont rencontrés, c’était le 26 février 2017. Quand on demande à Thibaut Danancher son plat préféré chez Monsieur Paul, il avance sans hésiter : La volaille de Bresse, «avec des légumes de saison, des morilles, une sauce à la crème et du riz».
Paul Bocuse, lui, quand on lui demandait quel dernier plat il aimerait, était catégorique : «Un pot au feu préparé avec tous les amis». Car il savait que l’on pouvait faire très bon et pas cher, avec des choses simples. Et c’est bien ce qui transpire de cette fameuse interview posthume.
Alain BOLLERY


Christophe Muller, chef exécutif, Tibaut Danancher, Paul Bocuse (8 novembre 2013)

Paul Bocuse et Thibaut Danancher le 26 août 2016