lundi 18 juin 2018
Édito
Le héros de la finale de 98 est maintenant triplement dans la légende.
Questions à...
Les rendez-vous d’été seront lancés avec un spectacle très aérien. Avec aussi un nouveau lieu de programmation.
L’adjoint à la culture parle aussi de l’avenir de L’arc, de la mise en lumière du Château de la Verrerie, du projet d’installations de boites à livres.
30 associations écologistes ont fait du lobbying auprès de lui, mais Rémy Rebeyrotte n’a pas cédé aux pressions vertes sur la question du glyphosate et il s’en explique avec force d’arguments.
Le Député n’hésite pas à prendre le désherbant pour nettoyer les arguments de la nouvelle gauche sur les dotations de fonctionnement. Il parle aussi des accords possibles pour les municipales de 2020 avec un peu d’engrais pour le Grand Autunois Morvan…
Sans oublier les poules, les abattoirs, le bois et les rodéos…
Le 1er vice-président du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, dans une interview exclusive, revient sur la convention TER entre la Région et la SNCF, qui a ébranlé le groupe de gauche.
Il justifie le retrait de l’article 19 sur l’ouverture à la concurrence. Il évoque aussi le «baiser qui tue» de François Sauvadet en dénonçant sa posture et celle de la droite.
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EDITO : Benoît Hamon le dernier enfant de François Hollande

30/01/2017 07:30Lu 2996 foisImprimer l’article
C’est donc Benoît Hamon qui, dimanche, a remporté, plutôt largement, le second tour des Primaires de la gauche et du Parti Socialiste.

L’exercice démocratique avait été programmé en janvier par Jean-Christophe Cambadélis pour permettre à François Hollande d’y participer.
Un peu et même beaucoup à la demande du Président de la République qui ainsi pensait pouvoir ne faire qu’une bouchée des prétendants. On se souvient qu’Arnaud Montebourg avait mis pour condition de sa participation à la Primaire que François Hollande s’y astreigne. Cambadélis avec l’Elysée avait donc imaginé ce stratagème.
Hélas pour François Hollande, il n’est pas parvenu à tenir sa ligne et il a donc jeté l’éponge, ouvrant ainsi ce que Manuel Valls pensait être un boulevard.
Le Premier Ministre sortant ne pensait certainement pas que Vincent Peillon viendrait troubler son jeu personnel. Pas plus qu’il n’avait sans doute imaginé la forme de supplice chinois qu’aura été sa campagne, entre farine, claque, sifflets et invectives.
Et c’est ainsi que les deux représentants de la Hollandie sont tombés sur le champ d’honneur des Primaires, victimes de la fronde contre le Président de la République autant que contre ceux qui le représentaient et assumaient son bilan, même à géométrie variable.
Benoît Hamon est donc le candidat du Parti Socialiste pour la Présidentielle de 2017. Il est en cela le dernier enfant de François Hollande. Car c’est bien le Président de la République qui, par le rejet de sa politique venant de ses propres rangs, avec une fronde grandissante, a donc ainsi enfanté le candidat du Parti Socialiste pour l’élection de 2017.
En rentrant à l’Elysée en Mai 2012, François Hollande n’avait assurément ainsi jamais imaginé que celui qui représenterait son camp en 2017 serait Benoît Hamon… Comme d’ailleurs la grande majorité des militants socialistes n’avaient jamais imaginé que François Hollande serait leur candidat pour 2012, jusqu’à la chute de DSK dans un hôtel de New York.
La vraie question que les socialistes, les adhérents, comme les militants et sympathisants se posent en ce lendemain de Primaire est bien de savoir comment Benoît Hamon peut maintenant réussir l’alchimie du rassemblement de son camp.
Du côté de l’état major d’Emmanuel Macron on s’est frotté les mains toute la semaine. Avec «l’affaire» qui a ébranlé François Fillon. Avec donc aussi la victoire de Benoît Hamon. «On en avait rêvé, ils l’ont fait», commentaient déjà au soir du 1er tour les partisans de Macron qui évidemment entrevoyaient la victoire de Benoît Hamon au second tour.
C’est incontestablement un large espace entre centre gauche et centre droit qui s’ouvre pour l’ancien Ministre de l’Economie. Il sera à Lyon le 4 Février pour un meeting au Palais des Sports à Lyon. Un meeting où il va montrer les muscles dans un week-end lyonnais qui verra Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen venir faire de même dans la capitale des Gaules.
Pour Jean-Luc Mélenchon, il s’agit de garder la ligne et de conserver dans ses rangs les mécontents de la Hollandie. Pour Marine Le Pen il s’agit de continuer de surfer sur la vague. Car évidemment entre rejet de la politique gouvernementale et déstabilisation de la droite classique avec ce qui est désormais qualifié d’affaire Fillon, la patronne du FN n’a pas besoin de faire trop d’efforts pour demeurer haute dans les intentions de vote. Elle aussi en avait rêvé et ils l’ont fait. La droite est ébranlée et du côté du PS tout le monde craint l’éclatement. L’histoire dira rapidement s’il s’agit de fantasmes ou de pragmatiques prophéties.
Mais à la vitesse où vont les choses, d’autres surprises sont encore possibles. Car il peut s’en passer pendant les trois mois qui nous séparent du 1er tour de la Présidentielle.
Alain BOLLERY