mardi 12 novembre 2019

Au cœur du Golf d’Avoise, votre restaurant «L’Albatros» est ouvert à tous !

Nouveaux gérants - nouveau Chef de Cuisine

Ouverture exceptionnelle Lundi 11 Novembre midi

Édito
Les cheminots qui, vendredi, ont décidé de ne pas travailler ont délibérément pris en otage les usagers. Les conséquences de ce mouvement n’étaient pas acceptables.
Questions à...
Le leader de l’opposition, qui avait échoué de peu en 2014, sera bien à nouveau candidat. Sa liste et son projet seront dévoilés en janvier. Mais Charles Landre a déjà donné quelques pistes dans une interview à creusot-infos.
«Un projet neuf et des pratiques nouvelles»
«L’élection sera le statuquo ou innover»
«Il faut rendre la ville attractive»
«Les quartiers ont besoin d’une action humaine»
1er vice-président du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, en charge des transports, Michel Neugnot réagit au mouvement à la SNCF, revendiqué «droit de retrait» qui a privé de trains TER des milliers de voyageurs vendredi et qui s’est poursuivi…
«Tout est fait pour que la sécurité soit assurée»
«Sur un Dijon – Nevers pas question de supprimer les contrôleurs»
«Dans les Ardennes c’était un accident de la route»
«C’est un mauvais procès de dire qu’il y avait une situation d’insécurité faute de contrôleurs»
Dans une interview à creusot-infos il parle du Mondial au Japon, de l’équipe de France, du Top 14, du rugby trop violent et du Creusot.
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Bourgogne - Franche-Comté : Quand donner ou pas 7 millions à Peugeot nourrit le débat et abreuve le populisme…

28/06/2019 12:18Lu 1666 foisImprimer l’article
Il fallait s’y attendre, la décision du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté d’apporter une aide directe à PSA pour l’usine du futur de Peugeot à Sochaux, a fait ressurgir les clivages. Faut-il réellement prendre le risque de voir une entreprise ne pas se moderniser, au risque d’avoir les larmes aux yeux dans 5, 10 ou 15 ans.C'est Jean-Claude Lagrange qui s'est chargé de soutenir ce dossier finalement hautement stratégique.
C’est ainsi, la loi a donné aux Régions la compétence de l’économie. Ce n’est pas une patate chaude. Juste une volonté que les décisions politiques portant sur l’économie et l’industrie soient le plus proches possible du terrain.


C’est ainsi que le Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté avait inscrit à son ordre du jour, ce vendredi 28 juin, la décision de voter une aide de 7 millions d’euros à Peugeot pour son usine du futur à Sochaux.
7 millions c’est beaucoup pour le commun des mortels. Mais c’est finalement bien peu au regard d’autres sommes.
Il n’empêche, cet engagement de 7 millions d’euros a vu des élus monter au front pour tenter d’expliquer et de démontrer que c’est donner beaucoup à un géant de l’automobile, sans avoir obtenu par contrat écrit des assurances sociales, sans assurance sur le fait que oui ou non dans un avenir futur, qu’il soit proche, moyen ou éloigné, il n’y aura pas de suppressions d’emplois.
Question forcément légitime que celle-ci. Car bien évidemment personne ne souhaite que les entreprises suppriment des emplois. Certes ils se trouvent toujours certains actionnaires pour suggérer qu’il y a toujours trop d’emplois dans une usine.
Mais est-ce une raison pour dresser un procès en suspicion à l’égard du groupe PSA ? Peut-on imaginer que Peugeot a prévu de construire son atelier ultra-moderne pour ensuite le fermer, le démonter et ensuite le transférer dans une autre région ou dans un autre pays.
Soyons sérieux, qui peut vraiment le croire ou prétendre. Oh certes si un jour la conjoncture s’inverse oui Peugeot, comme d’autres constructeurs, d’autres industries, sera amené à ajuster ses effectifs.
Est-ce une raison pour ne rien faire ? Une raison pour ne pas aider ? Certains discours ce vendredi matin dans l’enceinte du Conseil Régional étaient teintés de populisme. Car forcément, pour certains élus en responsabilité, il est important de pouvoir dire à ses électrices et ses électeurs, «j’ai demandé des garanties sociales, mais j’étais bien seul».
Car évidemment après les pudeurs d’une dizaine de minutes, d’une heure ou d’un jour, tout le monde a voté pour, à l’exception de Patrick Jean Roch (non inscrit ex-FN) qui a voté contre et de Pierre Grosset, pourtant membre de la majorité, qui avait expliqué que les 7 millions pourraient par exemple servir pour les Lycées, sans vraiment convaincre.
Car les lycées, justement, parlons en. Les 7 millions décidés par le Conseil Régional ne vont pas manquer aux Lycéens, puisque la gratuité des livres a été votée et sacralisée juste avant (cliquez ici pour lire notre article).
Et puis pour poursuivre sur les lycées, il semble important de mettre en parallèle les 7 millions pour l’usine du futur de Peugeot, que certains lycéens rejoindront un jour pour y travailler, avec les 26 millions d’euros que la Région a investis pour le nouveau Lycée Léon Blum au Creusot, ou les 100 millions en moyenne consacrés par la Région aux investissements annuels dans les Lycées.
Ainsi, a-t-il été demandé au Lycée Léon Blum en particulier et à tous les autres lycées, de ne pas voir leurs effectifs baisser, d’avoir des résultats exemplaires et croissants au baccalauréat ?
On le voit, les choses sont un peu plus compliquées que si on les regarde avec des oeillères. On attend mieux d’élus d’une région que de les voir se draper de dignité, jouer aux frontières du populisme et même les dépasser, quand il s’agit d’enjeux aussi stratégiques non seulement pour une région et un bassin de vie, mais pour la filière automobile et soyons sans ambiguïté pour le «made in France» et donc notre nation.
Car ainsi que Stéphane Dubs le directeur de l’établissement de PSA à Sochaux, le Peugeot 3008 est assemblé à Sochaux, quand ses concurrents sont construits ailleurs. En Espagne pour le Kadjar de Renault, dont l’Etat est au capital, et en République Tchèque l’équivalent de Volkswagen.
Mieux, outre le 3008, Peugeot Sochaux assemble aujourd’hui le 5008, le véhicule grande capacité de Peugeot.
Alors certes on peut toujours avoir des appréhensions, se dire que d’un côté il y a les méchants capitalistes, les méchants chefs d’entreprises et de l’autre côté des ouvriers, techniciens et ingénieurs, mal considérés et mal payés, mais cela ne correspond pas forcément à la réalité que certains veulent s’imposer et reprendre à des fins exclusivement politiques.
Marie-Guite Dufay face aux questionnements, aux accusions à peine voilées, a conservé la dignité qui doit être celle d’une Présidente face à des enjeux qui sont cruciaux pour le territoire. Car finalement, en proportion du nombre d’emplois, qu’est-ce qui est le plus important Peugeot à Sochaux, ou les développement de la filière hydrogène et des piles à combustibles de Faurecia à Bavans à côté de Belfort ? La Région a voté 7 millions pour Peugeot et 5 millions pour Faurecia, sans que cela fasse vraiment débat pour le second. Comme quoi les pudeurs peuvent être à géométrie variable.
A l’heure du vote, on a donc pu constater qu’au-delà des réserves exprimées, au-delà des peurs agitées ou suscitées au nom du populisme, seuls deux élus n’ont pas voté pour l’aide de 7 millions à Peugeot. Les autres ont voté, mais sans se pincer le nez ! Mais ce n’était pas en direct sur BFM TV…
Alain BOLLERY

Ils ont dit :


Myriam Chiappa-Kiger :

«Je veux faire part de quelques inquiétudes. Nous devons être lucides et vigilants. L’expérience de General Electrics (GE), celle d’Alstom, nous obligent aujourd’hui encore plus qu’hier. Il faut une obligation d’implanter des entreprises nouvelles, et pas seulement des entreprises qu’on déplacerait de quelques kilomètres.»

Éric Lançon :

«L’investissement proposé est d’abord un gage d’avenir pour PSA et les sous-traitants. Mais il faut aussi rappeler à PSA sa responsabilité sociale et humaine.»

Maude Clavequin :

«Le rapport de chacun à la voiture évolue et a changé de manière forte ces dernières années. On s’oriente vers une logique de services, ce qui est de nature à impacter le marché. Et puis c’est la fin des énergies carbonées. Il faut maintenant gérer les transformations. Enfin, on connaît un bouleversement mondial, avec l’émergence de classes moyennes dans les pays en développement, et qui investissent des milliards d’euros sur les nouvelles technologies. Face à ça, la situation de PSA est à mettre à l’échelle régionale comme internationale. La Région a évidemment un rôle prédominant à jouer.»

Guillaume Maillard :

«On peut se féliciter de l’intention, mais quels sont les engagements du groupe PSA pour permettre un rebond de ce bassin d’emploi ?»

François Sauvadet :

«C’est le moment d’unir nos forces. Que PSA s’engage clairement est une bonne nouvelle. On a un formidable atout dans notre territoire : c’est le savoir-faire ouvrier. Et notre urgence, ce sont les ouvriers. Donc oui, nous enverrons un signal fort de soutien à la filière automobile.»

Julien Guibert :

«Oui, nous n’avons pas le choix : il faut soutenir PSA mais on a vu ce que ça a donné avec General Electrics…»

Saulnier Arrighi :

«Vous envoyez un signe fort à un leader industriel. On a un acteur majeur de la filière, dont on ne donnait pas cher de la vie il y a quelques mois. Si on ne l’accompagne pas, oublions que l’on a une vocation économique.»

Alain Joyandet :

«Je partage la réserve : s’il devait y avoir un transfert de tout ou partie de l’activité en dehors de nos frontières, se poserait la question du retour des fonds. La confiance n’exclut pas le contrôle, mais on ne peut pas mettre des conditions trop précises.»

Jean-Claude Lagrange :

«On a tous, en tant qu’élus locaux, des grands groupes. Au Creusot, à Chalon, à Auxerre…  La Région passe aussi un message aux territoires, qui passe par un soutien massif.»

Marie-Guite Dufay :

«Vous le savez, la nature d’une entreprise n'est pas de détruire de l’emploi mais de créer de l’activité. Je vous ai donné des gages, je ne peux vous en donner plus et l’entreprise non plus.
En 2008, les politiques publiques se sont honorées en faisant en sorte d’unir leurs forces pour inventer un système qui permette aux salariés de ne pas perdre leur emploi et leur pouvoir d’achat. Ça s’appelait former plutôt que chômer.
PSA fait face avec de gros investissements. Nous les accompagnons, avec en tête que la sécurisation des salariés est une priorité. On n’oubliera pas ce sujet.
Vous avez parlé de remboursement en cas de transfert de l’activité : on va signer une convention type qui prévoit qu’il y aura en effet une obligation de remboursement en cas de transfert des équipements que l’on finance.»